
Tout a commencé par une infographie reprise par toute la blogosphère. On y voit comment Kraft, Unliver et consorts se partagent les produits de notre quotidien. Rapidement suivies par d’autres parce qu’une image vaut mieux que mille mots et que le web aime (trop) les infographies en ce moment. Ainsi donc, la vérité éclate au grand jour, avec un peu de retard. Un peu comme on semble découvrir aujourd’hui que l’entrée de la Grèce dans l’union européenne était déjà controversée à l’époque — oui je m’en souviens, on en avait parlé en CM2 lors d’un exposé sur l’entrée de l’Espagne et du Portugal. Donc, sans surprise, le monde n’appartient pas au 99% mais plutôt aux 0,000001% (il manque sans doute des zéros). Et puisque l’heure est au patriotisme et au mythe de la ré-industrialisation, il serait temps que les consommateurs-citoyens prennent le temps de lire le dos de l’étiquette. Juste pour savoir que Maille et Amora sont maintenant américains (pire, les graines de moutarde de Dijon viennent principalement du Canada depuis des décennies), qu’Häagen-Dasz n’est pas une obscure maison scandinave mais bien une marque du géant américain General Mills, que Pringles est fabriqué par Procter & Gamble, leader mondial de la lessive, que Body Shop appartient à Liliane de Bettencourt, etc. Déjà, je ne suis pas un fervent défenseur de la théorie du complot mais là, c’est écrit sur l’emballage. Donc, si comme moi le matin il te faut une heure pour sortir la tête du cul émerger, (re)découvre le plaisir simple de la lecture du paquet de céréales au réveil. Non-content de contempler l’effrayante liste des ingrédients, profite de ce moment privilégié pour prendre conscience de la concentration industrielle de notre monde. Bref, lis la doc, bordel.
[image: the leo burnett blog]

























