Le meilleur est à venir…

L’expérience incroyable d’une soirée au POPB, un reportage PAS CAPITAL, entre bobos et pétachieuses. Heureusement y’avait Bjork. Récit par Brainzeone.

D’abord. Une grande salle que voilà, habituée à recevoir des compétitions sportives de second rang, le scepticisme était de rigueur quant à la réception de la diva de Reykjavik. Pas de commentaire sur la première partie de soirée, une femelle en rhute tout droit sortie des années 80, répondant au nom de Peaches, à n’en pas douter un jeu de mot avec Bitch, éructant sur des samples que n’auraient pas reniés Roni Size. La pauvre quadra, victime d’une impatience collective peu respectueuse, s’en alla sur une franche huée.

Ensuite. Costume noir. Un drap en soie plutôt qu’un costume d’ailleurs. Une coiffure plus ludique qu’originale , frange et oreilles bleues à la mickey « en cheveux d’origine ». Tout cela donnait un avant goût de New Wave gothique, sans conséquence devant un public prêt à manger ses excréments au moindre ordre de l’occasionnelle maîtresse des lieux. Les deux lascars de Matmos, planqués derrière leur matériel, l’harmonie municipale islandaise et une harpiste accompagnée de l’intégralité du catalogue bontempo-harpes-filoguidées 2003 investissaient la scène. Le crew était au complet, et la belle entrait en jeu. La pondération judicieuse des titres passés, présents et à venir rendit l’attention auditive agréable. En revanche, ma voisine de gauche, accompagnée par toutes les clonasses de son espèce, ne put s’empêcher de pousser la chansonnette sur chacun des hits. Bachelorette et la chanson de l’anchois jouirent ainsi d’un traitement de Khmers Rouges à gégène. Le duo Matmos, sans doute avaient-ils écoutés quelques albums des frères chimiques ou de Fat Boy dans la loge, se senti obligé (à moins que l’ordre ne vînt de la reine mère ?) de triturer les potards à outrance pour nous pondre un prédigéré de gros son franchement laborieux. Petite innovation subtile, les deux brothers , l’un équipé d’un micro dans la main, l’autre se faisant peloter la tignasse, produirent un son étrange, bien en phase avec les projections vidéos délirantes, des phallus gribouillés en surimpression de petits enfants esquimaux. Avec inspiration et expérience scénique Bjork rattrapa l’affaire en enchaînant quatre titres inédits. Une perle naquit de cette série, un titre aux accents arabisants qui dégénéra en massacre à l’électricité dans la droite lignée d’Aphex Twin. Pratique les références pour raconter la musique. Dans ces quatre titres, la principale satisfaction est sans doute le retour de la petite muse qui habite l’esprit de la star. De l’invention, de l’énergie et un grand coup de vent sur la facilité décevante des derniers ouvrages de l’électro-islandaise. Oublié la lourdeur des arrangements mielleux de la bande son de Dancer in the dark, terminé la platitude des compositions de Vespertine, le laboratoire d’expériences sonores est de nouveau ouvert, repris en bouche par la diva, en mains par les Matmos. L’impatience me gagne, quand va-t-elle libérer le nouvel opus ? Dommage. La fête reprend un cours plus classique mais l’oreille est désormais impatiente et capte la moindre aspérité des anciennes chansons avec délectation.

Enfin. J’ai bien cherché, je ne l’ai pas trouvé. Je veux parler de Jean Michel Jarre. Ben oui, vu la surenchère pyrotechnique – lances flammes de part et d’autre de la scène, tourniquets illuminés derrière les artistes – qui accompagna le dernier tiers du show, la moindre des choses était de demander un rappel pour l’ingénieur des effets spéciaux. Que nenni, c’est bien l’invitée du soir qui se raboula sans se faire trop prier, lâchant les chevaux sur Pluto. Une petite comptine en islandais, bonne nuit les petits, c’est l’heure du RER. Un concert certes. Un bon DVD certainement.

M83 encore à l’honneur

à l’ouest rien de nouveau

arton20.gifDécidemment… depuis mon seul et unique article musical sur M83 (Radiohead aussi), mon cerveau en ébullition avait déjà prévu quelques papiers sur la belle et ennivrante islandaise, ou encore les frères chimiques, la collection des DJ Kicks, le survivant des Massive Attack, le californien Shadow, et j’en oublie tellement… Et puis non, rien de tout cela puisque c’est M83 qui revient sur le devant de la scène avec rien de neuf… enfin si : un nouveau site web…

Le look du site mérite un article à lui seul (c’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire), juste pour féliciter son interface rétro très réussie parfaitement en ligne avec la tendance revival (pour les rockers) ou plutôt vintage (pour les parisiens). En clair, le site reprend le style si cher aux premiers “micro-ordinateurs” de mon enfance (ZX81, Vic20, Alice, etc.) et si cela n’ajoute rien à l’ergonomie du site, le résultat a le mérite d’être beau, original, amusant… et puis très clair finalement ! À noter : le déconcertant scintillement de l’écran, le surprenant chargement du “bios” au démarrage, ou encore le fonctionnement sporadique des lignes de commande qui nous rappellent que “tout ne fut pas si facile” dans le monde de l’informatique !

Bon d’accord c’est beau (et encore, je devrais plutôt dire “je trouve ça beau” car je ne pense pas qu’il fera l’unanimité) mais ce n’est pas tout : le site propose l’écoute des deux albums du groupe en streaming audio. Avec l’ADSL, la qualité est excellente ; en même temps, c’est vrai que j’ai acheté l’album donc je m’en fous un peu… En prime, on pourra découvrir trois remix sympathiques et aussi un vidéo clip du premier extrait de leur dernier album.

Toujours admiratif devant la pochette de “Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts”, j’ai enfin pu télécharger le fichier dans la section “presskit”. Depuis, ces corps allongés dans un champ de neige en bordure d’autoroute ont “naturellement” trouvés leur place sur mon fond d’écran… du pc… au boulot, me faisant presque oublier que l’icône “Mon poste de travail” me donne constamment envie de vomir…

Le site ilovem83.com. Et pour ceux qui ont la mémoire courte : old-computers.com et aussi theapplemuseum.com