US Trip #7 – My First Thanksgiving

En ce jeudi 25 novembre, tout le monde est parti voir sa famille et la télévision donne l’impression que les aéroports noirs de monde constituent la seule actualité de la journée. Je sais bien (merci wikipedia) que les américains accordent on-ne-peut-plus d’importance à Thanksgiving et que s’il y a un jour dans l’année où il faut être avec toute sa famille, c’est bien aujourd’hui. Mais pour un européen comme moi, Thanksgiving ne représente pas grand chose. Sauf que depuis quelques jours, tout le monde ne parle plus que de ça. L’atmosphère est vraiment festive et les gens ont fini par me communiquer leur excitation. Du coup, je n’ai pas trop l’intention de passer mon dîner en mangeant seul de la nourriture mexicaine (encore !) devant la télé. Avide de bons sentiments, j’ai heureusement pu satisfaire mes attentes grâce à l’invitation de mon collègue Bill.

Je me suis donc rendu dans la riche banlieue de Phoenix pour partager la dinde avec sa femme, son fils, son frère, sa belle-sœur et ses parents. Le programme de la soirée m’a été présenté dès mon arrivée : bières, amuse-gueules, dîner, bières et matchs de football américain devant la télé géante. Je voyais ça beaucoup plus traditionnel ! J’ai tout de même pris peur lorsqu’il a fallu prononcer les grâces au debut du repas. J’ai heureusement été sauvé par le grand-père qui avait commencé à attaquer son assiette avant la bénédiction… Sacrilège ! Bill, qui avait sans doute perçu mon inquiétude, a donc bâclé quelques bonne paroles en un petit discours informel voire satirique qui m’a immédiatement mis à l’aise. Ouf, le plus dur est passé !

Par la suite, je me suis fait littéralement exploser le bide à coup de dinde (évidemment), de purée, de haricots verts et d’un délicieux gratin de patates douces aux noix de pécan et aux pétales de maïs (des corn flakes quoi) Je suis donc tomber dans le piège en me resservant allègrement… ce qui était une énorme faute étant donné qu’en plus de l’excellent vin australien qui accompagnait ce repas, il y avait des desserts cachés dans le réfrigérateur américain recouvert de magnets (le frigo, pas les desserts). En bon débutant que j’étais, j’ai donc accueilli la tarte à la citrouille, la tarte aux noix de pécan et le gateau de riz soufflé au marshmallow avec des yeux désireux mais le ventre déjà trop plein, pour changer. Le suicide culinaire terminé, j’ai réclamé un grand verre d’eau (“sans glaçon” ai-je dû comme toujours préciser) afin de faire gonfler tout ça dans mon estomac…

J’ai passé la fin de soirée à comater devant la télé, ce qui m’a permis de tenir une grande discussion philosophique avec l’adorable fiston de 8 ans. Au moins, je dois reconnaître que ce fût reposant de parler avec un américain qui a un vocabulaire aussi riche que le mien. Burp.

US Trip #7 – Music

Je me trompais sans doute en imaginant que l’Amérique – comprenez les États-Unis – est très fertile en matière de création musicale. Pourtant, en regardant de plus près ma liste de lecture Mes morceaux préférés dans iTunes, j’y trouve un joli catalogue d’artistes américains et puis une belle brochette de producteurs de légende, la crème du hip-hop, des labels qui font rêver, etc. Alors forcément, j’ai parcouru Phoenix à la recherche de quelques magasins de disques. Le bilan est navrant.
Pas la peine de s’étendre, tous les magasins ont apparemment les mêmes rayons : Pop-Rock, Rap, Country, Christian, Soundtrack, Jazz,Classic

Vous aussi vous avez tiqué ? Non mais sérieusement… c’est quoi ce rayon Christian music ? Et bien je ne sais pas, et vue la gueule des pochettes, je ne veux même pas savoir ! Donc non, malgré le prix attrayant des CDs, je n’ai pas craqué, donc je ne saurais malheureusement jamais ce qui se cache derrière ce style au nom pas très excitant. À part ça, je reste quand même perplexe quand au classement par genre. Parce que si j’élimine les rayons Rap (uniquement du gros rap black commercial de ghetto américain), Christian (pas la peine de m’étendre là-dessus), Soundtrack (ça va bien 5 minutes), Jazz (je suis pas venu là pour ça) et Classic (désolé mais c’est pas — encore ? — mon genre), que reste-t’il ? Et bien tout ! Le rayon Pop-Rock devient donc un énorme fourre-tout dans lequel on retrouve en vracMichael Jackson, Chemical Brothers, Metallica et Britney Spear… Pour en avoir le cœur net, je me suis tout de même fait l’intégrale du rayon Pop-Rock de plusieurs magasins… en vain.

On résume donc : pas de musique électronique (à part quelques classiques), pas de hip-hop (au sens large du terme), pas de labels indépendants, pas de vinyles, pas de maxis et même pas les dernières nouveautés (mais où sont donc les derniers Beans, Handsome Boys Modeling School ou DJ Kicks ?) Bon c’est pas grave, j’irai à la Fnac en rentrant. Les boules.

US Trip #7 – Consommons !

Sur les conseils de mon collègue BillWilliam Junior de son vrai prénom – j’ai réservé une chambre à Phoenix au Residence Inn. Pour être plus précis, l’hôtel est à Chandler, au sud-est de Phoenix, juste en face du centre commercial dernier cris, le Chandler Fashion Mall. Imaginez n’importe quel centre commercial français (même les quatre temps à La Défense ou Parly2 si ça vous fait plaisir) et multipliez sa superficie par 2, voire 4. Vous obtiendrez le Fashion Mall. Sans doute conçu par des pros, il n’a vraisemblablement pas été pensé pour des humains, ou bien alors des humains munis d’un GPS, à première vue.

J’ai donc déambulé dans ce mall. J’ai erré à la recherche de rien de particulier… du shopping quoi ! Bref, il m’aura fallu 2 heures pour visualiser le plan dans ma tête et je dois reconnaître que ça relève du génie marketing ! Le mall ressemble à un compas de navigation avec une méga-librairie (un Barnes & Nobles et son Starbuck) au centre, une sorte de jardin d’enfant / aire de repos juste devant, quatre grandes surfaces du type Galerie Lafayette (Sears, Dillard’s, Nordstrom, Robinson-May pour être précis) à chaque extrémité, le tout sur 2 étages remplis de boutiques (dont un AppleStore 🙂 Cerise sur le gâteau, toutes ces allées convergent vers un énorme hall rempli de fast-foods, pizzeria et autres snacks, le fameux food court. Bref, tout le monde a compris comment faire : on rentre par un des 4 grands magasins puis on se fait les boutiques et on fini par se poser à la librairie. Entre temps, il y aura eu un passage inévitable pour une goinfrerie. Et ça marche ! 150 dollars, 5 kilomètres et 4 heures plus tard, je suis ressorti avec des fringues, des CDs, des bouquins et le ventre (trop) plein. Je me demande juste pourquoi les concepteurs n’ont pas jugé utile de mettre un point rouge avec “You are here” quelque part sur les plans… Faut quand même être un peu con pour oublier ça, non ?

US Trip #7 – Franck Lloyd Wright, ce Héros

Quand on débarque dans une ville inconnue, il existe plusieurs méthodes pour découvrir les lieux. La plus simple consiste à se laisser guider par un Guide du routard ou autre Lonely planet. La meilleure solution est, à mon goût, de faire appel à un(e) ami(e) du coin qui vous emmènera dans les meilleurs endroits. En dernier recours, il y a toujours moyen d’aller faire un tour en centre ville… sauf qu’aux États-Unis, il n’y a généralement pas grand chose à voir dans le centre à part des bureaux et des grattes-ciel. Heureusement, ma collègue française naturalisée citoyenne américaine m’a notamment recommandé la visite du Taliesin West, et je tiens ici à la remercier de tout mon cœur, vraiment.

Après consultation du site internet de la Fondation Wright, je me suis donc rendu à Scottsdale, au nord-est de Phoenix, en seulement 40 minutes de trajet — en voiture, bien entendu. Taliesin West se trouve au pied d’une des zones montagneuses entourant la ville, sur un plateau désertique qui offre une superbe vue. Il faut dire que Phoenix étant essentiellement plat, il n’est pas bien difficile de dominer la région dès que l’on prend quelques mètres d’altitude — pardon, quelques feets. Taliesin West est une superbe demeure des années 30 conçu par le génialissime architecte américain Frank Lloyd Wright. Il faut préciser West car un deuxième Taliesin se trouve dans le Wisconsin — il a d’ailleurs été construit 20 ans plus tôt. J’écris demeure, mais il serait plus juste de parler de campement, voire de campus. En effet, Wright est arrivé àPhoenix vers la fin des années 30 avec sa femme, ses enfants, et surtout ses étudiants. A l’époque, la ville était peu peuplée. Phoenix n’occupait que quelques kilomètres carré et n’était pas desservi par des autoroutes et autres interstates. Wright a donc posé ses valises puis il a expliqué son projet aux élèves. Je résume ici son discours en quelques phrases : Vous avez des pierres par là-bas, du sable sous vos pieds, des arbres pour le bois et du tissus que j’ai apporté. Pour l’eau il faudra aller à la ville même si je suis sûr qu’en creusant bien, on trouvera une nappe phréatique. Nous sommes dans le désert, vous devez respecter l’environnement et construire un bâtiment qui ne défigure pas les lieux. Construisez-vous des tentes pour commencer et on verra pour la suite.

Les élèves de Wright se sont donc mis au travail et 5 années plus tard, les bases de Taliesin West étaient là. L’épouse de Wright n’était quant à elle pas franchement enchantée mais elle ne parti pas en courant… moyennant quelques concessions bienvenues comme l’utilisation du verre pour fermer les nombreuses ouvertures dans les murs, des fenêtres quoi. La petite histoire raconte que cette femme perspicace ne supportait guère les multiples intrusions de la faune locale dans sa maison, ce qui parait on ne peut plus légitime vue la tête des bestioles qui rodent dans le pays !

Faute d’électricité, les locataires ont tout de même eu l’eau courante après de pénibles recherches — le forage permit de découvrir la principale rivière souterraine de la région qui continue d’alimenter toute la ville, jusqu’à son épuisement prochain. Au final, ce simplissime et superbe ensemble reste un modèle d’Architecture organique. Précurseur, Wright a voulu ce lieu modestement luxueux (!) en accord avec la régions et ses habitants. Le résultat est là : preuve d’un regard avant-gardiste — notamment écologique — qui contraste lamentablement avec la réalité de ce qu’est devenuPhoenix : une ville horizontale qui s’étend sur des miles, qui a transformé le désert d’Arizona en un terrain de jeu pour SimCity géant et qui, pour assurer sa splendeur présumée — mais parfois réelle — consomme des quantité astronomiques d’eau et d’électricité, tout en polluant massivement le ciel et la terre. Pourtant, Frank Lloyd Wright avait tracé dès le début du XXe siècle les grandes lignes d’une colonisation humaines réussies — des habitations jusqu’à la cité dans sa globalité. Malheureusement, Phoenix s’est construit à l’opposée de ses préceptes. C’est bien dommage, mais pas franchement surprenant… Juste retour des choses, Wright ne figure dans aucun guide touristique local et la municipalité ne lui consacre qu’un simple boulevard éponyme en plus de ses ouvrages disséminés dans la ville.

US Trip #7 – J’ai craqué

En arrivant à Phoenix ce vendredi, j’ai comme d’habitude loué une voiture. Ne connaissant pas grand chose au catalogue automobile US, j’ai donc réitéré ma technique du Don’t you have a nicer car? dans le but d’avoir un modèle un peu plus sympathique que la Ford Escort prévue à l’origine. Sur les conseils de l’hôtesse d’accueil, on m’a donc attribué uneKia Amanti… Comme vous pourrez le voir sur le site web de Kia, il s’agit d’un modèle à mi-chemin entre une Mercedes et une Buick, le tout à la sauce coréenne. En plus de la ligne extérieure imposante (quoique comparée au truck gigantesque du ricain moyen, elle reste ridicule), l’intérieur use et abuse des clichés de la voiture haut de gamme : sièges en cuir, ronce de noyer sur le tableau de bord et la console centrale, finitions chromées sur le levier de vitesse, revêtement capitonné sur les portières, volant en cuir cousu, velours dans la boite à gants. Bref, tout ce que je déteste en design automobile réuni dans un seul véhicule totalement dépourvu d’originalité… mais c’est vrai que ça fait — faux ? — riche. Bien entendu, le tout est accompagné d’une foule d’options comme les sièges chauffants électriques, le toit ouvrant électrique, le rétroviseur automatique (il “noircit” tout seul en fonction des phares des voitures qui vous suivent) et de l’autoradio mange-disque avec changeur 6 CD. Tant de luxe n’aurait servi à rien si je n’étais pas dans un hôtel à la hauteur. En l’occurrence, le Marriot Residence Inn qui propose, comme son nom l’indique, des chambres véritables appartements équipés dont la taille dépasse à nouveau mon appartement toulousain (c’est à se demander si je n’ai pas un appartement vraiment minuscule…)

Bref, après avoir garé mon véhicule devant l’hôtel, j’ai eu un petit mouvement de recul en voyant tout cela. J’ai immortalisé cette vision sur la photo ci-dessous. J’ai souri nerveusement en regardant ce décor digne d’une série américaine et je me suis demandé si tout cela n’était pas un peu trop too much comme on dit là-bas.

US Trip #7 – Un dimanche au Texas

Pour bien commencer un dimanche, il faut un brunch conséquent : pomme de terre, omelette, oeufs (pourquoi les oeufs américains sont ils blancs ? les poules mangent du calcaire ?), bacon, pancakes, muffins, café, jus de fruits (appelons plutôt ça de l’eau colorée avec des arômes et du sucre corn sirup) et salade de fruits. Le tout accompagné de beurre (je devrais plutôt parler de margarine), de sirop d’érables (qui n’a en fait aucun lien avec le sirop canadien puisqu’il s’agit en réalité de sucre caramélisé et aromatisé comme expliqué sur l’étiquette en police taille 2), de confiture (this jam has been prepared with 20g of fruits for 100g of jam… je crois rêver !) et autre cheese cream.

Bref, après un repas qui vous remplie pour la journée, je suis monté dans le 4×4 de ma charmante collègue T en direction du ranch de Mac Dade. Au bout d’une heure de route, nous avons fait escale à Elgin (5700 âmes) dans la boutique-restaurant de ses beaux-parents pour déjeuner. J’espérais ne plus entendre parler de nourriture pendant 24h mais c’était sans compter sur l’adorable propriétaire qui a su me prendre par les sentiments à coup d’une délicieuse soupe tomates-basilic, d’une étonnante – c’est le moins qu’on puisse dire – salade de choux à la crème, aux cranberries et aux chamallows (à vomir sur le papier, à consommer sans modération en vraie) et d’une bouchée addictive à l’Oreo cookie à laquelle j’ai succombée sans hésiter (inutile d’en rajouter, les amateurs d’Oreo m’auront compris). Je suis donc remonté en voiture dans un état proche de l’overdose alimentaire. L’autoroute a cédé sa place à la route départementale puis à la voie communale, jusqu’au chemin de campagne. Un panneau explicite nous a accueilli à l’entrée du ranch. Pas de doute, c’est bien ici.

C’est donc ça un ranch ! À mi-chemin entre déception (mais c’est une maison neuve ?!) et hallucination (mais c’est une baraque énorme !), nous arrivons à la maison de ma chef qui me rappelle explicitement ses positions pro-Bush à l’aide d’un autocollant W’04 accompagné d’un slogan provocateur pour le français que je suis.

Après enquête, il s’avère que l’autocollant en question est sur la vitre arrière du 4×4 du mari de ma chef. Ce dernier a été tellement gêné d’apprendre que j’étais français qu’il est parti s’occuper de ses vaches dès qu’il m’a vu et n’a pas osé m’adresser la parole par la suite (dixit ma chef, sa femme donc).

Une fois de plus, il m’a fallu expliquer que ma voiture européenne est toute petite, ce qui ne l’empêche pas de passer de 0 à 100km/h en 12 secondes… Bon ok, j’ai un peu exagéré, mais ça me saoulait vraiment de les entendre sombrer dans un véritable concours de celui qui a la plus longue. Je leur aurais bien expliqué que “size does not matter“, mais le taux d’alcool vraisemblablement élevé de la bière locale (la Shiner, dont le pourcentage d’alcool ne figure pas sur l’étiquette) ne m’a pas aidé à assumer une argumentation dans la langue de Shakespeare (comme ils disent sur Arte) quoiqu’ici c’est plutôt la langue de W dont il s’agit…

Au passage, vous apprécierez les doubles roues arrières du 4×4 du père (pick-up noir), ainsi que le “petit” 4×4 du fils (pick-up rouge) qui, à 17 ans, a bien besoin de ça pour aller au lycée. Et puis ça ne pollue pas, c’est du diesel… enfin il s’agit de l’explication officielle qui m’a été très sérieusement fourni !

Après une visite de la ferme j’ai rencontré Pico qui a sans doute tourné dans Mars Attack. Je l’ai immédiatement rebaptisé Kiki, mais il n’a pas répondu à son nouveau nom, pas plus qu’à l’ancien en fait. Sans doute un problème avec mon accent…

Pour finir la longue visite, un des 2 fils (celui au pick-up rouge) m’a fait une démonstration avec le quad qu’il a eu pour son 15e anniversaire. Un gros cadeau, comme me l’a fait remarqué sa mère, ma chef donc.

Nous avons fini cette journée diététique par un repas au gras et au sucre avec en guest star un gros gâteau rouge fluo avec des vrais arômes de rien dedans et pourtant délicieux… mais comment font-ils ?