LCD is playing in my shoes

En mai dernier, Apple et Nike présentaient le Sport Kit Nike + iPod, un petit gadget de plus parmi les milliers d’accessoires “Made for iPod” déjà disponibles. Évidemment le podomètre à la sauce Apple fait bien plus qu’un simple podomètre. Au programme des petits plus, un nouveau menu “Nike+iPod” apparaît sur le baladeur. Il permet de chronométrer ses courses en musique. Une voix de synthèse diffuse des informations de temps, vitesse et distance via un capteur sans fil situé dans la chaussure. De retour à la maison, le iPod se synchronise avec iTunes (et le nouveau site Nike+ créé pour l’occasion), permettant ainsi de suivre ses progrès et de les comparer aux coureurs du monde entier.

Voilà tout pour la démo produit. Le kit ne coûte que 29€… mais dans la configuration complète, il faut ajouter une paire de Nike spéciale – un petit logement sous la semelle permet de loger le capteur – moyennant quelques 130€. Il faut aussi compter un brassard – toute personne ayant déjà couru avec un iPod le confirmera – pour 29,95€ sachant que Nike propose de jolis vêtements intégrant une housse pour un prix compris entre 65 et 160€. Bref, l’addition est salée.

Mais en fait je m’en fous pas mal car j’ai horreur de courir. Je veux bien me déplacer à pieds, à vélo, en skate, en roller voire même à cheval (et pourtant Dieu sait que j’ai horreur de l’équitation), mais alors non, je ne veux pas courir. Je trouve ça chiant, épuisant et ennuyeux. Bon, c’est vrai que je traîne des traumatismes infantiles dans ce domaine : tours de terrains à 8h du matin, cross du collège et course d’endurance, le tout systématiquement suivi d’une bonne galette dans les vestiaires…

Seulement voilà, Apple ne s’est pas arrêté là. Ils savent bien que le succès de l’iPod repose sur l’écosystème iPod + iTunes + Music Store. Pour le kit Nike, ils proposent donc aux coureurs de télécharger des playlists adaptées au jogging. L’idée est sympathique mais je peux le faire tout seul. Et c’est là que LCD Soundsystem entre en scène. Apparemment emballés par le concept, les deux new-yorkais ont concocté un mix de 45 minutes et 33 secondes sobrement intitulé 45:33. Mais plutôt que de dire n’importe quoi, je laisse la parole à James Murphy : There are 45 minutes and 33 seconds of body music. The idea, to make a long piece of music built around an arc designed for running, appealed to me because it was so anathematic to what you’re typically asked to do as an artist ; make easily digestable lumps of music for albums, or the radio, or whatever. I’d been thinking of the records I love in which people made one “song” that took up the entire LP, and realizing that releasing something like this would be a virtual impossibility for me, I became excited when the Nike+ project came along.

Et il a raison le bougre ! Ce mix est unique, simple, excellent et efficace. Il est construit autour d’un vrai jogging avec petit démarrage (genre « j’ai du mal aujourd’hui ») puis accélération (« c’est bon j’avance bien là »), ensuite ça pète bien (« putain j’suis trop fort aujourd’hui ») puis ça fait une pause (« ouah j’ai tout donné ») avant de repartir à fond (« allez encore un p’tit effort ») puis ça redescend tranquillement (« c’est bon là je fatigue ») avant de se terminer en douceur (« ah ça fait du bien de se décrasser »). Bref, ce con de James m’a donné envie de courir ! Mais ça marche aussi pour bosser à fond, nettoyer l’appartement, faire des excès de vitesse sur l’autoroute voire tuer des gens !

Bon allez je me calme et je termine. Alors si vous êtes au Royaume-Uni, États-Unis ou Canada, précipitez-vous sur l’iTunes Store pour claquer 9,99$/7,99£. Pour les autres, il n’existe aucune voie légale pour acquérir ce bijou… vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.

(À voir aussi, le site des 20 blogueurs français qui testent le Kit Nike + iPod.)

Sense and Simplicity

La bonne surprise de ce matin (en plus d’apprendre que je vais passer le week-end à Barcelone 🙂 vient de Californie avec la nouvelle interface du webmail .mac. Difficile de s’y perdre vu qu’ils ont reproduit à l’identique l’interface de Mail dans Mac OS X en ajoutant tout ce qui fait la force des technologies web actuelles – Ajax & Co. afin de permettre l’affichage dynamique, le glisser-déposer, etc. C’est beau, c’est simple, c’est propre. Bref, du beau boulot à la Apple. Ceci dit et étant donné les 99€ de souscription annuelle à .mac, je suis tenté de dire “Enfin” !

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De La Soul joue chez Pagnol

J’avais bien vu quelques affiches du festival “Les pêcheurs de tons” en ville, mais comme on pouvait y voir en première ligne Les têtes raides et Birdy Nam Nam1, je ne m’étais pas précipité pour prendre mes places2. Et pourtant, il fallait lire « De La Soul » un peu plus bas. Et oui, le groupe mythique de hip-hop new-yorkais ne mérite pas une tête d’affiche, alors que Les têtes raides

Samedi 21 octobre, 20h, je suis donc en route pour Villeneuve-Tolosane à une quinzaine de kilomètres de Toulouse. Aux portes du village3, il faut suivre des panneaux en carton “CONCERT” puis nous arrivons enfin à “L’espace Marcel Pagnol”. Détail surréaliste, je me fais refouler à l’entrée à cause de mon appareil photo… La centaine de téléphones mobiles photographiant la scène quelques heures plus tard donneront évidemment tort à cette mesure d’un autre siècle. La petite salle qui devait sans doute accueillir le loto du club du troisième age quelques heures plus tôt est complètement sous dimensionnée. Il n’y aura pas plus de 1000 personnes ce soir alors qu’ils auraient sans doute pu remplir le Zenith…

Début des festivités avec des rappeurs locaux dont j’ai oublié les noms. Les 2 DJs sont sympathiques, le violoniste est bienvenu, mais les 3 rappeurs sont assez mauvais. Ils n’ont pas une belle voix et leur flow ressemble plus au slam d’un débutant qu’aux exploits des trois blacks qui vont suivre. Après quelques morceaux aux paroles étonnantes4, ils laissent enfin leur place à la véritable première partie.

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La très bonne surprise vient de Undergang, un type tout seul devant ses machines. Non content de bidouiller les potentiomètres dans tous les sens, ce type hurle des paroles en français, en anglais et peut-être même dans d’autres langues que je n’ai pas su identifier. Au final, un mélange de drum’n bass, rock et hip-hop très réjouissant. Le public n’a pas franchement l’air apprécier, mais quelques spécimens dont je fais partie savourent avec plaisir. Détail amusant, j’ai quelques faux airs du protagoniste et c’est sans doute la raison pour laquelle une charmante demoiselle m’abordera un peu plus tard pour me demander si c’était bien moi qui jouait sur scène. Personnellement, je trouve qu’avec sa mâchoire carrée et sa voix virile, il ne me ressemble pas. Par contre c’est le sosie de C. mais c’est une autre histoire.

20061021_delasoul.jpgLes trois new-yorkais montent enfin sur scène. Le public est hystérique. Le DJ qui les accompagne est très bon mais la sono médiocre ne l’aide pas. Quoi qu’il en soit, ces gars assurent ! Ils sont forts, leur flow est impeccable, ils jouent avec le public qui en redemande. Bien que trop court (70 minutes) et sans rappel, le concert est formidable. Le très sexy “All Good” gagne en qualité dans une version moins Rn’B que l’originale. Viennent plusieurs morceaux d’anthologie avec des extraits du premier album “3 Feet High and Risin” dont l’excellent “Me, Myself and I”. Du deuxième album – et sans doute le meilleur – “De La Soul Is Dead”, le morceau “A Roller Skating Jam Named Saturdays” est de circonstance même si Q-Tip n’a pas fait le déplacement. Enfin, l’inévitable tube planétaire “Ring Ring Ring (Ha Ha Hey)” enflamme le public conquis de longue date. En guise d’au revoir, le DJ lance “Feel Good Inc.”. Gorillaz n’est pas venu, mais le morceau fait son effet. La lumière se rallume dans cette petite salle surchauffée, trempée de sueur et de bière. Marcel Pagnol a dû se retourner dans sa tombe. Qu’il se rassure, la semaine prochaine il sera épargné ; Madonna jouera à la MJC de Ramonville.

[1] À l’heure où j’écris ces lignes, Birdy Nam Nam est justement invité chez Taddeï dans sa nouvelle émission “Ce soir ou jamais” dont je dirai le plus grand bien une autre fois.
[2] J’avais quand même regardé pour Birdy Nam Nam mais je n’étais pas disponible ce jour là.
[3] 8252 habitants, c’est un village non ?
[4] « J’dis ça pour ces couples homosexuels qu’ont pas l’droit à l’adoption » a pris tout le monde de court !

Zapping du 24/10/06

La blogosphère mondiale est emballée par la nouvelle publicité Sony Bravia. J’avais adoré le premier opus (les boules multicolores descendant les rues de San Francisco) et le making of de cette nouvelle pub tournée cet été à Glasgow était prometteur. Au final, je reste de marbre. (via ipub)

Pharrell et Jay-Z ont signés chez HP pour deux magnifiques spots télé qu’Apple ne renierait pas. La version papier semble quant à elle très inspirée des œuvres de Saul Bass. Dommage que le discours ne soit pas du tout en phase avec la réalité du produit.

La chaussure de sport (qui n’a de sport que le nom) est devenue un accessoire de luxe. Les marques idolâtrent leurs produits et la chaîne de magasins Courir enfonce le clou avec une très bonne publicité actuellement diffusée sur le câble. Personnellement je n’ai pas compris du premier coup. (via shoes-up)

J‘avais beaucoup ri à l’époque de la pub « I wanna fuck you in the ass ». Un concurrent a repris le même principe en version papier. Très simple et terriblement efficace.

Durex est un annonceur très créatif, sans doute parce qu’il est plus stimulant de vendre des capotes que des assurances. Pour leur nouvelle campagne d’affichage, on ne peut pas rater le produit puisqu’il recouvre toute la surface… À voir : car, couch & fridge

Il fut une époque où je menaçais de mort mes voisins de classe qui jouait avec leur stylo. Ce TOC insupportable porte le nom de “pen spinning” et – va savoir pourquoi ?! – c’était le gros buzz de la semaine dernière sur le web. Ca pourrait être de la pub pour un stylo mais ça n’en est pas (encore). Il y en a même un qui a fait un skyblog

Erratum : Soulwax a bien joué à Toulouse

À peine me suis-je énervé que la mairie de Toulouse publie un communiqué de presse. Aurais-je des amis haut placés ?

Quelle coïncidence ! 24 heures séparent mon coup de gueule d’avant hier et la publication hier soir d’un bref bilan du printemps de Septembre sur le site de la ville de Toulouse. Je ne prends pas la grosse tête et je me doute bien qu’il n’y a aucun lien entre ces deux événements… mais je n’arrive pas à me défaire de ce petit sourire en coin sur mon visage. Court extrait du très court article on ne peut plus factuel : La belle surprise vient des Soirées Nomades avec une augmentation de 30% par rapport à 2005, soit 15 060 spectateurs. Elle est due en majeure partie à la Mouv’ Party et son plateau exceptionnel avec Soulwax et 2 ManyDJ’s. Plus de 9 000 personnes sont venues ce soir-là faire la fête dans le jardin Raymond VI.

Sans surprise, il y a donc 45% de différence entre les 13000 personnes annoncés par les organisateurs1 et les 9000 recensés par la police mairie. Aussi, à la vue des moyens mis en œuvre (deux vigiles et une buvette digne du 14 juillet de Thorigny-sur-le-Mignon) je me permets de douter qu’aucun des organisateurs n’ai jamais pris conscience du « plateau exceptionnel » de ce soir là. Il s’agit sans doute d’un qualificatif a posteriori qui me laisse à penser que le «révisionnisme» dont je parlais précédemment était peut être un peu fort, mais pas si inapproprié.

[1] Je n’ai pas inventé ce chiffre puisqu’il sort de la bouche d’un des organisateurs qui l’a fièrement annoncé sur scène quelques minutes avant le début du concert de 2 Many DJ’s.

Mon mobile et moi

Bip Bip ! Je reçois un message sur mon mobile. Comme je suis dans mon clapier bureau en tôle et que le réseau passe très mal, je profite de mon ordinateur pour aller faire un petit tour sur le site de mon opérateur et y consulter mes messages vocaux en ligne. Comme le site est très bien fait, je clique sur « Mon Mobile > Répondeur » et je me retrouve sur une superbe page si chère aux 12-24 ans. Cherchez l’intrus :

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En fait, il fallait cliquer sur « Communiquer > Messagerie » pour écouter mes messages. Malheureusement, une page m’informe que je dois installer « le plug-in1 ma messagerie vocale compatible avec Internet Explorer pour Windows uniquement ». Soupir. Je l’installe quand même pour cette daube IE même si je ne l’utilise quasiment jamais. L’installation prend 3 plombes (mais je commence à être habitué) puis se termine par un superbe message comme je les aime. Finalement, je vais sortir fumer une clope.

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[1] Plug-in que l’on peut traduire en français par greffon (ou par plugiciel pour nos amis québécois). J’aime bien !

Soulwax n’a jamais joué à Toulouse

Je n’ai encore jamais eu l’occasion de pester contre Toulouse sur ce site web blog. Ceux qui me connaissent personnellement savent pourtant qu’il s’agit d’un de mes sujets de prédilection et que je ne cesse de râler à ce sujet depuis des années. Alors c’est parti, je me lâche et je crache mon venin par écrit cette fois.

Que les choses soient claires, j’aime Toulouse. Cette ville est magnifique et agréable à vivre. Ce qui m’énerve c’est son incroyable potentiel complètement sous exploité alors qu’elle est quand même la quatrième ville de France (après Paris, Lyon et Marseille) et la deuxième ville étudiante (après Paris évidemment). Elle se vante même de figurer dans le récent palmarès des vingt premières villes européennes. Je pourrais parler du logement, des infrastructures, des transports, mais je vais m’intéresser aux sorties. Premier constat, il y a beaucoup de choses à faire, mais pas forcément ce qui m’intéresse. La ville a en effet un agenda bien chargé et de nombreuses manifestations ponctuent l’année. Le problème est plutôt que je ne suis pas dans la cible. Lorsque je regarde les programmes, il faut choisir : soirées étudiantes et boîtes de nuits d’un côté, danse contemporaine, théâtre et opéra de l’autre. Moi, j’aime la musique électro/indie/rock, la création graphique, la mode, etc. En d’autres termes, je ne suis ni étudiant, ni marié avec enfants et je trouve difficilement mon compte.

Je n’aborde pas ici l’aspect politique et les choix « stratégique » de la municipalité, même si je crois tenir là un responsable de ma frustration. Pour faire court, je dirais simplement que la mairie affiche une volonté risible de rendre la ville plus calme (ah bon, c’est bruyant ?) et tente tout pour museler les fétards1 et activistes culturels2. La priorité, ce sont les nouveaux toulousains, jeunes couples d’ingénieurs fraîchement débarqués dans la ville rose sans doute pour travailler au succès d’un avion Airbus…

Pour sortir, il faut donc commencer par s’informer et déjà ce n’est pas facile. Pour une raison qui m’échappe, il y a peu d’affiches de concert dans la ville3. Il n’y a que deux radios associatives locales4 pour diffuser des informations exhaustives sur les soirées à venir. Il n’y a qu’un seul mensuel gratuit – Let’s motiv dont le site web est “En Travaux” depuis deux ans. Malheureusement, cette bible locale semble plus s’intéresser aux photos – certes très jolies – qu’au programme, préférant le reléguer dans les dernières pages. Et quelles dernières pages ! Un listing indigeste de texte noir&blanc taille 6 classé par ordre chronologique puis alphabétique. Il faut donc se taper une lecture méticuleuse de la programmation mensuelle en essayant de dénicher quelque chose de potentiellement intéressant parmi une longue liste de noms inconnus, le tout sans aucune explication ni conseil. Cachée parmi ces centaines de lignes, peut-être une pépite, une perle qui me fera sauter de joie. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai raté des concerts, faute d’en avoir été informé. Mais après tout, peut-être que je m’y prends mal.

A contrario, il y a des choses à côté desquelles on ne peut pas passer. Je ne parle pas des retransmissions des matchs de rugby sur écran géant ou bien du récent concert hommage à Claude Nougaro avec des reprises par Maurane, M ou encore Diam’s. Youpi ! En l’occurrence, j’avais déjà fait part ici de mon excitation quant à la tenue prochaine du Printemps de Septembre qui est à mon goût – je le redis – la meilleure manifestation toulousaine. J’avais pris connaissance de la programmation dès sa sortie et j’avais sauté au plafond en lisant la venue prochaine de Soulwax et 2 Many DJ’s à La Mouv’Party. Et bien voilà c’est fait, les jardins Raymond VI accueillaient les DJs belges il y a 15 jours pour un concert absolument génial. Je ne parle malheureusement que de la musique car pour le reste, c’était une catastrophe, vous allez le voir.

Petite mise en situation pour mieux comprendre. En 2001, alors que je m’éclate presque toutes les semaines au Bikini, l’explosion d’AZF – non contente de tuer 30 personnes et de faire plusieurs milliers de blessés – fait quelques millions d’euros de dégâts et emporte dans son souffle ma salle de concert préférée, lieu mythique des soirées toulousaines. Depuis ce drame, toujours rien à se mettre sous la dent. Les concerts ont été relégués dans plusieurs salles situées en dehors de Toulouse et inaccessibles par métro, bus ou vélo. Ainsi, il faut supporter la petite salle des fêtes de Ramonville (trop enfumée mais équipée d’une sympathique balustrade5), le Havana Café (45°C même en hiver, eau et bière pas bonne au même prix élevé), le Foyer Panouse de Tournefeuille (une vieille MJC sans aucune aération) ou pire, le Liquid Club (petit bar de banlieue à l’insupportable limiteur de son qui avait obligé La Caution à terminer son concert a capela).

Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour comprendre ce qui s’est passé en ce samedi 30 septembre 2006 à Toulouse alors que le Mouv’ avait invité Soulwax Nite Version, le groupe belge auteur du meilleur album électro de 2005, ce même groupe qui, dans sa configuration restreinte avait, quatre ans plus tôt, réconcilié les fans de rocks et de techno avec leur 2 Many DJ’s As Heard On Radio Soulwax, tout en réussissant l’exploit de toucher un large public. Alors que se passe-t’il lorsque la 4e ville de France aux 100 000 étudiants organise un concert avec ces deux excellents groupes fédérateurs, tout ça gratuitement, en plein centre ville, dans un superbe jardin en bord de Garonne ? Et bien c’est un succès… Mais il faut croire que les organisateurs ne s’en doutaient pas ! 13000 personnes (7000 l’année précédente) se sont donc pressées dès 21h. Les deux seuls vigiles (ce n’est pas une blague) se sont vite vues débordés lors de la fouille obligatoires. Il a fallu fermer les grilles pour des raisons de sécurité, laissant ainsi plusieurs milliers de personnes (dont je faisais partie) à l’extérieur. Dans l’euphorie, nombreux sont ceux qui ont entrepris de passer par-dessus les grilles. Après avoir observé plusieurs dizaines de motivés manquer de s’empaler, les portes ont été ré-ouvertes… pour des raisons de sécurité (sic !) et les vigiles ont laissé tomber la fouille à l’entrée. La soirée a enfin pu commencer même si Soulwax avait déjà terminé son concert. 2 Many DJ’s a enchaîné (façon de parler vu qu’il a fallu attendre 1 heure) en enflammant la foule pendant 90 minutes à grands coups de Tiga, Blur (« Girls who are boys Who like boys to be girls ! »), Daft Punk (c’est l’année des Daft, je vous l’avais bien dit) et Technotronix (jubilation totale). Mais à minuit trente, les deux belges pourtant bien motivés ont fait comprendre à une foule en délire qu’on leur avait gentiment demandé de partir parce que le jardin devait être entièrement vide 30 minutes plus tard. En partant, j’espère qu’ils ont pensé à éclater la tête du responsable incompétent qui a organisé tout ça.

Qu’on se rassure, personne ne sera au courant du succès phénoménal de cette soirée, pas plus que des ratés inadmissibles d’une organisation amateur puisque aucun média n’a relaté l’événement en local. Deux semaines que je lis tout ce qui me passe sous la main, que je tends l’oreille dans le métro, que je questionne mes amis, tout ça pour rien. J’assiste impuissant à une espèce de révisionnisme par omission qui permet de conforter la ville dans ce qu’elle sait faire de mieux : soutenir le stade toulousain et demander à Diam’s de beugler « Oh Toulouse ». Finalement, j’ai bien fait de ne pas parler politique, j’aurais pu m’emporter.

[1] On se souvient de la fermeture temporaire des bars de la place Saint-Pierre il y a quelques années.
[2] Fermeture du squat Mix-Art Myris à l’ancien Grand Hôtel en 2005.
[3] Exemple incroyable, je viens d’apprendre par le biais d’une affiche A3 photocopiée et scotchée sur un lampadaire que De La Soul passe samedi prochain !
[4] Les excellentes Radio Campus Toulouse et Radio FMR.
[5] D’ailleurs j’y retourne ce soir pour voir Phoenix et Peter Von Poehl.

Faut-il achever les bobos ?

Je continue de citer le dernier Technikrout pour en extraire quelques bons morceaux sur les bobos. Bon, il est vrai que je ne m’attendais pas à les voir défendre le dernier single de Renaud – is not dead ? – mais de là à y consacrer un dossier… Bref, morceaux choisis sans respecter les copyrights (c’est mal) en espérant qu’ils y verront là une tentative de promotion plutôt qu’un pillage éhonté. Ce qui revient à poser la question web du moment : une vidéo “copyrightée” diffusée sur YouTube, c’est du piratage ou du marketing viral ?

En quelques années, le bobo n’est pas seulement passé du terme à la mode à l’insulte mondaine, il est devenu la classe à abattre, le responsable de tous nos problèmes. Olivier Malnuit & Bertrand Schontz

[D’après Anne Clerval, chercheur au CNRS sur la “gentrification” des quartiers populaires à Paris intra-muros,] l’expression bobo est « un faux concept qui désigne une catégorie assez floue de personnes, qui se distingueraient essentiellement par leur choix de consommation, que ce soit pour la déco, leur alimentation ou leur loisirs ». Elle parle même « d’une idéologie au sens marxien du terme, c’est-à-dire une idée fausse destinée à justifier l’ordre établie ». Résultat : puisque personne n’est bobo, tout le monde voit des bobos partout. Olivier Malnuit & Bertrand Schontz

On peut être friqué et avoir des fidélités à la classe ouvrière, on ne partage donc pas le système de valeurs de la bourgeoisie. La chanson de Renaud et les positions de Philippe de Villiers sont intéressantes, parce que ce sont des nostalgiques d’une société industrielle dans laquelle la séparation entre riches et pauvres est claire. Vincent Gaulejac, sociologue

Photo par ampnet.co.uk utilisée sous licence CreativeCommons.

An Apple a day keeps Windows away

Parfois, je me dis que c’est une conspiration microsoftienne contre ma personne… Épisode 49238 aujourd’hui avec l’installation du Service Pack 2 déployé automatiquement sur nos ordinateurs de bureau.

Déjà, j’avais soupiré ce matin en lisant le message m’annonçant les 2 heures nécessaires à l’installeur. Ensuite, j’avais dû faire le ménage au point de désinstaller Adobe Creative Suite 2 (et ses 2,5Go !), faute de place disponible pour cette mise à jour obligatoire. Enfin, il est 14h23 et je crois que je vais rentrer chez moi…