Are Business School parties the new trend ?

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Lorsque Big me proposa de venir à une soirée ESC Toulouse, j’ai tout d’abord cru qu’il se foutait de ma gueule. À peine mon visage trahissait-il ma pensée qu’il m’expliquait déjà la raison d’une telle invitation : TTC. Ces trois dernières années, j’ai tenté de les voir en concert à cinq reprises et je n’ai transformé l’essai qu’une seule fois. Je ne pouvais décemment pas rater un tel mini-évènement.

Rendez-vous fût donc pris mercredi 5 décembre. Première étape chez des étudiants pour récupérer les places, prendre un verre et accessoirement se prendre une petite claque dans la gueule : Ah oui c’est vrai, j’ai 30 ans et je vais à une soirée étudiante… Nous arrivons au Havana Café en même temps que la navette soit une centaine d’étudiants survoltés et déjà bien imbibés d’alcool. Pour une raisons inconnues, les videurs au physique bovin ont décidés de nous faire attendre dehors par cette belle nuit à la température proche du zéro. Quinze minutes plus tard, mon cerveau identifies un air connues parmi les infra-basses qui nous parviennent ; le concert vient de commencer et nous sommes toujours dehors. Il nous faut attendre vingt bonnes minutes supplémentaires pour enfin rentrer.

A l’intérieur, l’ambiance est chaude. TTC est en fait venu en configuration réduite – Cuizinier au micro et Orgasmic aux platines – mais cela suffit largement à envoyer du très bon son. En vrac, nous avons bien évidemment droit aux mixtapes « Pour les filles » avec les excellents morceaux L’enculé le plus cool et son superbe sample de Lenny Kravitz, le Très chic de Tekilatex et le merveilleux J’aime bouger ça (Bouge ton cul) sur un sample du mythique I like to move it. Pendant ce temps, les étudiant(e)s pour la plupart très saouls squattent l’open bar, parlent très forts et n’hésitent pas à me marcher dessus en bougeant légèrement leurs petits culs. C’est alors qu’entre en scène le tube Girlfriend qui, dès les première notes, génère un mouvement de folie. La “fosse” se remplie en quelques instants dans une bousculade forcément arrosée1. Le public connait les paroles par cœur et semble en avoir fait un véritable hymne.

Je ne peux m’empêcher de penser au paradoxe de la situation. Le hip-hop de TTC se situe à contre-courant du rap revendicatif et même s’ils trainent maintenant plus du côté de la scène électronique, ça reste du rap, du son que peu de personnes aiment2. Les paroles de TTC oscillent entre délire bête de jeunes défoncés et poésie urbaine, des paroles à prendre au 28e degré ou pas. Les parisiens se retrouvent ici adulée par la future élite Proctérienne© au son du morceau Pauvre riche qui ne mâche pourtant pas ses mots. Tant mieux ?

Le concert terminé, Orgasmic ne lache pas ses platines et nous gratifie d’une putain de sélection pointue allant des Cassius à Futureheads en passant par Justice et Daft Punk. Je suis en extase et réalise soudain que je suis au milieu d’une soirée ESC en train d’entendre un très bon son – celui que j’aime et que j’entends si peu à Toulouse. Le public s’en fout car peu importe la qualité, ce qu’il faut c’est de la musique tellement entendue qu’on finit par l’aimer (il parait).

En cadeau, le morceau Quand je claque des doigts extrait du troisième album « 3615 TTC » qui sort mardi prochain. Joyeux Noël !

[1] « Excuse-moi je t’ai renversé mon whisky-coke dans le dos »
[2] Combien de fois ai-je entendu « J’aime tous sauf le rap » ?

Rainbow Saint Georges

Les marteaux piqueurs ont enfin cessé de me réveiller tous les matins et ça c’est une bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que comme beaucoup le craignaient, le résultat est très discutable. Certes moins laid que le précédent blockhaus mais tout aussi mal intégré dans son environnement. Le pire, c’est que ça ressemble déjà à quelque chose de vieux, un peu comme les trucs futuristes qu’on imaginait étant gamin. À l’intérieur, outre le design hospitalié baroque à l’américaine, le mur végétal est sans doute la seule réussite du projet. La première fois que j’ai vu la nouvelle entrée (photo ci-dessous) il y a quinze jours, j’ai éclaté de rire. En fait, je crois que j’aime bien. En même temps, c’est juste un centre commercial…

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Le wiikend commence bien

Rapport de gendarmerie : Vendredi 8 décembre 2006

7h00 : Je me réveille en même temps que supermario alors que je suis en RTT
7h02 : Je suis déjà collé devant mon iBook
7h30 : Après avoir parcouru une bonne partie de mes flux RSS dans Bloglines
7h31 : Je vais faire un tour sur vente privée
7h38 : Je me commande mon premier pull Chevignon alors que c’était à la mode quand j’étais au collège
7h40 : Je lance une cafetière de café
9h00 : J’en suis à mon 3ième mug de café
9h01 : Je prends une douche
9h20 : Je suis opérationnel
9h21 : Je regarde mon compte en banque sur internet
9h22 : Je constate que le 13ième mois a été versé sur mon compte
9h30 : Direction la Fnac Wilson
9h35 : Je demande au vendeur s’ils ont une wii
9h36 : Le vendeur me rit au nez et m’explique que même ceux qui l’ont réservé ne sont pas sûr d’en avoir
9h50 : Je termine mon lèche-vitrine et me rends au Virgin
10h05 : Je demande au vendeur s’ils ont une wii
10h06 : Le vendeur m’explique qu’il n’y en a plus depuis l’ouverture exceptionnel à 8h30 ce matin
10h07 : En désespoir de cause, je fais mon shopping de Noël
11h00 : Je suis à la caisse du Virgin avec des cadeaux pour la famille
11h02 : Face à la pile de wii derrière la vendeuse, je lui demande si, par hasard, je ne pourrais pas en avoir une
11h03 : Réponse négative de la vendeuse qui me signale qu’un stock de wii arrive dans 5 minutes. Mon cœur s’emballe
11h04 : J’affiche un sourire béat en attendant sagement à la caisse
11h07 : Des vendeurs arrivent les bras chargés de wii(s)
11h08 : J’achète une wii à la jolie vendeuse que je remercie comme si elle venait de me sauver la vie
11h10 : Il pleut comme vache qui pisse et j’ai peur de me faire voler ma wii
11h12 : Je rentre chez moi à pieds en mode complètement paranoïaque
11h18 : Je suis chez moi, trempé
11h20 : Je déballe méticuleusement la wii et prends même le temps de lire le mode d’emploi (enfin, le poster “quick start”)
11h25 : Je fais un tennis dans mon salon
11h30 : Je suis amoureux d’un boitier blanc

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L’alcool, voilà l’ennemi

Les députés UMP et auteurs du rapport, Philippe-Armand Martin et Gérard Voisin, souhaitent redonner son rang au vin français. Ils estiment que “l’apprentissage d’une bonne hygiène de vie commence dès l’enfance et l’école primaire”, et affirment que “l’éducation du goût doit faire partie de l’éducation générale” in Le Monde daté du 31 novembre 2006.

Bien que buveur et fumeur, je reste toujours épaté par la facilité qu’ont nos élus à sortir de leur chapeau des propositions qui tentent d’assouplir les lois existantes sur le tabac et l’alcool1 en fonction des intérêts de chacun… Et si possible des intérêt de nos “élites” ou des copain de nos “élites”. On se souvient des cigares qui ont longtemps échappé aux avertissement sanitaires et aux multiples augmentations des taxes. Déclaré source de jeunesse pour notre corps Patrimoine culturel français, le vin fait régulièrement l’objet de propositions visant à arranger nos pauvres viticulteurs qui, s’ils ont des problèmes, feraient mieux d’arrêter de se reposer sur leurs lauriers pour nous faire du bon vin et éviter que le public ne se tournent vers les non moins excellents vins étrangers. Je suis un peu dur et je sais bien que le problème est complexe, entre enjeux financiers, mondialisation et risque de la standardisation des gouts. N’empêche que notre chauvinisme nous aveugle un peu parfois, beaucoup en l’occurrence.

Bref, ce débat sur l’alcool « bon ou mauvais ? » n’est pas nouveau et l’actualité récente m’a rappelé une affiche que j’ai enfin retrouvée (merci papa). Elle date de l’entre deux guerres et est extraite du livre « Sur les murs de la classe » écrit par François Cavanna et brillamment illustré de petites perles comme celle-ci.

Cette affiche trônait sur les murs d’écoles il y a 80 ans et doit évidemment être remis dans son contexte. En l’occurrence, l’alcoolisme était alors un véritable fléau auquel se mêlait le problème de la tuberculose2. Cela étant, s’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est le discours sur le vin. Revoyons ensemble la colonne de gauche puis celle de droite.

Boissons naturelles bonnes (prises sans excès) Vin (raisin), Cidre (pommes), Poiré (poires), Bière (orge et houblon)

  1. Cobaye auquel on a inoculé du vin de raisin.
  2. Le cobaye ressent un accès d’ébriété.
  3. L’accès est bientôt dissipé et ne laisse aucune trace.

Alcools industriels mauvais (même pris en petite quantité) Betterave, Pomme de terre, Grain

  1. Cobaye auquel on a inoculé de l’alcool industriel.
  2. Le cobaye est pris d’une crise épileptique.
  3. Le cobaye meurt quelques instants après.

Relisez attentivement car chaque mot a été choisi avec une impartialité clairement discutable. Vous avez compris : l’alcool la boisson française c’est bien, par contre l’alcool étranger c’est mortel (même à petite dose).

[1] Et notamment la célèbre loi Évin de 1991.
[2] « 80% des tuberculeux sont alcooliques » précise la légende de l’affiche.