De l’estime de soi et du regard des autres

Southpark_disclaimer.gifC’est toujours quand t’as rien de prévu que ça part en live. Dés lundi, dans le monde merveilleux du “travailler plus pour gagner plus”1 j’étais à nouveau bien motivé pour prendre un billet Toulouse<>Moscou et plastiquer le building de mes collègues qui croient qu’on fait de la création graphique avec powerpoint. Et puis je me suis pris la tête avec mon chef. En fait, je crois que je l’admire, lui et sa capacité à m’écouter cracher ma haine pendant des heures sans se dégonfler. Même à mon « Il va falloir que tu te bouges pour me motiver à rester dans cette boite » il a su ressortir la bonne vieille technique de management à l’américaine qui consiste à reformuler puis retourner le problème vers moi. C’est drôle de savoir lire entre les lignes.

Au début, j’ai eu un peu de mal avec ma nouvelle coupe de cheveux. Les gens aussi apparemment puisque je n’ai pas eu une seule remarque au boulot ce qui est généralement mauvais signe. Ouais paske c’est un peu con un français moyen. En plus d’élire sarko à 53%, ça fait des remarques débiles, genre « Mais tes baskets ont des lacets de couleurs différentes ! » ou « Il s’est trompé ton coiffeur, il a fait un côté plus court que l’autre » …Ouais je sais ducon, c’est fait exprès et je trouve ça joli, pas comme ton pantalon remonté jusqu’au nombril et tes nike running que ta femme ne supporte plus. C’est aussi ça la connerie ordinaire, et ça vaut pour moi. Bref, deux personnes seulement m’ont dit que ça m’allait bien, dont mon ex, donc ça compte pas. Au début, j’ai cru que le garçon coiffeur me faisait une coupe à l’espagnole et puis je l’ai vu saisir sa tondeuse et commencer à me raser les côtés. Non en fait, je ressemble plus à un jeune militant de droite qu’à un barcelonais maintenant. Quoique ça dépend, avec la barbe taillée à la serpe je fais un peu bear ce qui n’a pas manqué de plaire jeudi soir chez les bucherons canadiens.

Vendredi aussi j’ai bien vu les regards se poser sur moi dans cette boite bourrée de métrosexuels-bouzeux-pseudobranchés. J’étais consterné par ces jeunes dansant sur du Claude François en 2007 alors que la musique actuelle déborde de créations plus excitantes que jamais. Même la nouvelle star – désormais respectée jusque chez les intellectuels – fait mieux que cette soupe servie par un DJ moins compétent qu’iTunes en shuffle avec fondu enchaîné. Une fois de plus je me suis forcé à ne pas penser, à profiter, à participer au délire, à ne pas bloquer sur la musique, à boire2, à ne pas faire mon élitiste puant. Je n’y arrive pas. Même si je ne suis plus en proie aux déprimes existentielles de mon adolescence, je vis très mal ce genre de situation. Je préfère mes réunions de familles beaufs à la médiocrité de ces boites de nuits.

Samedi, J. fraîchement rentré de Taiwan aime bien mes belles baskets Mark Gonzales. Moi j’adore sa casquette mais ma caviste3 n’aime pas la mienne. Elle allait bientôt avoir 10 ans, nous l’avons finalement jetée à la poubelle. Vêtu d’un t-shirt violet, je passe d’un excellent apéro chez Big à un autre apéro au penthouse avant de migrer à la soirée ultraviolet au 58. Une fois la barbe rasée, je fais propre sur moi. Mais à 3 grammes, ça me donne un côté salope, ce qui n’a pas échappé aux regards croisés dans la backroom. Encore une idée de pédés bourrés que d’aller traîner là-bas, en même temps j’ai pas dis non et S. non plus. Maintenant il aura peut être moins de mal à assumer sa “sexualité ambivalente” dixit lui-même. Après je fais n’importe quoi ce qui finalement vaut mieux que de danser sur Mireille Mathieu qui, décidément, n’aura jamais été aussi hype que dans la France d’après™.

Du coup je crache tout ça par un beau dimanche pourri ; moi, ma playlist bourrine et mon malalatête qui s’estompe. J’écris vraiment mal, il faudra que je lise des livres un de ces jours, ça ne pourrait que me faire du bien. Heureusement demain je ne travaille pas pour les vieux. J’aurais bien aimer bosser plutôt que de me taper un n-ième jour de congés du mois de mai sous la pluie, mais les syndicats ont préféré négocier un jour de RTT en moins contre un lundi de pentecôte. Si encore M. ne travaillait pas demain, j’aurais su quoi faire de mon lundi. J’aurais mieux fait d’intituler ce post “mon cul et la politique à 2 balles”.

[1] Mais qu’est-ce que tu me parles de travailler plus ?Je suis au forfait cadre !
[2] Non, pas la peine de me forcer pour boire.
[3] Je sais qu’elle aime que je l’appelle comme ça.

Shopping-list pour le 11 juin

1. L’excellent “Pogo” de Digitalism (qui avait bien dépoté à Garorock) a enfin son vidéo-clip, simple et joli, en attendant l’album “Idealism” le 11 juin chez Kitsuné.

2. Le tant attendu album pop-rap (?) “Partie de plaisir” de Tekilatex sortira également le 11 juin. Premier extrait, le gentil morceau “Les matins de Paris” (avec Lio !) a enfin son clip poétique où l’on retrouve tout le talent du graphiste Akroe déjà responsable de l’habillage du label Institubes.

3. Et comme je suis monomaniaque, je reparle pour la n-ième fois du premier album de Justice sobrement intitulé “†” le 11 juin chez Ed Banger parce que ça fait 4 ans qu’on l’attend et que j’écoute le morceau “D.A.N.C.E” en boucle. Si quelqu’un a un plan pour avoir tous les t-shirts du clip (designed by so-me), je suis preneur.

Mercredi c’est raviolis

Au détour du périphérique sud, pas très loin du futur casino qui s’est construit en moins de temps qu’il n’a fallu pour commencer à raser les immeubles détruits par AZF, dans le quartier “chaud” d’Empalot pas si laid que les toulousains le disent, pousse un nouveau bâtiment. À priori rien de nouveau puisque Toulouse c’est un peu Simcity, sauf qu’il n’y a qu’un seul bouton dans la barre d’outils pour créer des résidences de pseudo-luxe en briquettes avec deux passes magnétiques et trois digicodes, des caméras de surveillance retransmises sur la télé, un garage privé régulièrement visité et une piscine collective pour parfaire cette illusion de vie communautaire/sécuritaire. Et puis, parfois, les murs en béton ne se terminent pas par une charpente en bois ou une fausse colonne grecque mais par des minarets.

Ça tourne au penthouse Automne 2006

La semaine a été courte et longue à la fois. Pas eu le temps de me remettre des vacances déjà terminées, des élections où le suffrage universel a mal parlé et de l’été qui arrive-mais-pas-vraiment-en-fait. Le boulot me saoule mais ce n’est pas vraiment une surprise ; note pour moi-même, penser à poser une bombe en République Tchèque et envoyer un bouquet de roses au Brésil. Heureusement, il est bon de faire des rencontres imprévues. J’ai mangé des ravioles à la truffe blanche et à la sauge en charmante compagnie, fait du jardinage sur la terrasse, écouté Declare Independance pour la n-ième fois. Beaucoup trop bu, mais c’était du bon Bordeaux, ça faisait longtemps. Château Cadillac pour ceux que ça intéresse, du 2002.

Bref, si je commence à écrire là, ça va être pour parler politique. Et comme je ne fais que ça depuis des mois en plus de cette semaine où j’ai été plus cynique que jamais, je vais plutôt vous sortir mes archives musicales. Je déterre donc un article que j’aurais dû mettre en ligne il y a 8 mois. Ne soyez pas effrayés (on se vouvoie ?) car c’est du bon son de l’automne dernier à écouter à volonté. Cliquez sur la pochette pour continuer la visite.

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