I work in a TV show

Bob va bien mais il n’avait pas compris que Pam ne souhaitait plus être dans la liste, Teana a fait le truc que je lui ai refilé et je l’ai remerciée, j’ai été gentil avec Kevin et je ne lui ai donné qu’un truc à faire asap, Mohinder Surinder m’a dépanné alors qu’il était 20h chez lui, cet abruti de fournisseur ricain m’a collé une réunion de 2h le 15 août alors ce sera sans moi, on a bien rempli le questionnaire (Excel™…) débile de 136 questions que personne ne va jamais lire mais je suis bon élève et on va virer 100 personnes comme pas prévu mais moi j’aurai pas le droit de faire partie du lot, give me my money, bastards ! Ma vie pro est passionnante et il parait même que je vais save the world.

>Source : questionnaire sur My YearBook vu chez les coxxiens

Concentré dilué

Je décerne la palme du produit le plus débile de l’année au sirop concentré déjà dilué de Teisseire. Franchement c’était bien la peine d’inventer le sirop en bidon 50 ans plus tôt. Et puis en pleine tendance écolo, c’est pas très malin de multiplier le poids et la taille d’un produit par 10. J’aimerais bien lire le business plan des gars qui ont pondu ça. J’imagine déjà les diapos slides Powerpoint avec des phrases du genre « le consommateur n’arrive pas à doser le produit correctement » ou « l’eau du robinet n’est pas fraiche », le tout en Comics San avec en guise de conclusion « Solution : un Tetra Brik avec du sirop déjà dilué à l’eau ». Et hop, le PDG signe un petit chèque de quelques millions pour un nouveau projet prometteur… N’importe quoi.

Image : scan du Tetrabrik avec mon scanner

 

Mets ton doigt là

Du tableau de bord des voitures aux interfaces graphiques des ordinateurs, les Interfaces Homme-Machine (IHM) et les interfaces utilisateurs1 rassemblent tous les thèmes qui me sont chers : ergonomie, interaction, modélisation, graphisme, etc. Régulièrement, des innovations – plus ou moins visibles – viennent révolutionner notre rapport avec la technologie. Actualité oblige, on pense évidemment à l’iPhone dont l’écran tactile semble enfin réactif et ergonomique par rapport à tous ces systèmes qu’on nous vend depuis des années comme le Palm (sympa 5 minutes) ou la borne SNCF (qui ne marche jamais vraiment bien, un peu comme les ouvertures faciles des jus de fruits). Plus discrète, l’arrivée dans les voitures des commandes et affichages centralisés nous épargne la confusion des nombreux boutons et écrans (autoradio, clim, GPS et informations diverses). Plus anodin, l’arrivée des menus sur nos télés, dvd et autres boitiers satellites nous a permis de virer une bonne vingtaine de touches sur les télécommandes. Il y a de nombreux spécialistes dans le monde2 qui bossent aussi bien sur les objets du quotidiens que sur des produits professionnels ultra-spécialisés. Le résultat n’est pas toujours probant et les évolutions dans ce domaine sont assez inégales. Ainsi, le crayon optique popularisé en France par le TO7 n’a jamais décollé si ce n’est dans quelques applications professionnelles spécifiques. A contrario, le concept de la souris et du curseur n’a pas de véritable challenger en vue depuis plus de 20 ans… À moins que, comme l’iPhone le suggère, la relève ne vienne de nos 10 doigts.

Oui parce que si l’on n’y réfléchit bien, nos mains “interfacent” toujours avec la machine via un objet3. L’idée de l’écran tactile de l’iPhone (lorsqu’on manipule une photo par exemple) est très intéressante parce qu’on intervient directement sur une représentation de l’objet “comme en vrai” donc de manière on ne peut plus intuitive. De manière plus générale, l’idée de surface interactive poursuit lentement son chemin. Ce n’est pas encore Minority Report mais c’est très excitant, un peu comme les délires de Microsoft qui se branle sur une interface certes géniale mais qu’on ne verra pas dans Windows avant 2080, voire jamais. De l’autre côté des Pyrénées, les chercheurs barcelonais du Music Technology Group de l’université Pompeu Fabra ont mis au point une table musicale interactive4. Répondant au nom évocateur de Reactable, cette table réagit aux mouvements des doigts des musiciens et à des cubes posés en surface5 C’est tout simplement bluffant de regarder les démos et ce sera sans doute excitant à voir en vrai puisque la miss Björk utilise actuellement une Reactable6 sur sa tournée mondiale. Ouais !

À voir : les vidéos en ligne sur la page du Music Technology Group


[1] HCI pour Human–computer interaction et UI pour User Interface en anglais.
[2] Notamment militaires, comme d’habitude…
[3] Basique comme un bouton ou une molette voire plus complexe comme un clavier ou une souris.
[4] Ohhh, le joli mot fourre-tout !
[5] Mais déjà, on me souffle dans l’oreille que la communauté Linux serait sur le coup.
[6] Il n’en existe que 2 dans le monde.

Source : Apple via Mac4ever

Descente

Entre « Like drinking poison, like eating glass », « Stay with me, I feel sad, When you run, run, run », « My finger is on the button, Push the button », « It must be the moon, must be the moonlight », « I’m dying to get away, Next time let’s talk about it, » « I’ve changed, you’ve changed, it’s not the same, Tell me what ‘s the difference if I go back to normal again, Right away », forcément j’ai du mal à me concentrer sur le boulot. J’aurais dû prendre des vacances…

Un baby boom mondial dans 9 mois ?

[…] Ainsi, les Galeries Lafayette ont recensé 774 listes de mariage pour le 7/7/07 alors que la moyenne est de 290 pour les samedis de juillet à septembre. […]

Moi, aujourd’hui, j’ai pas plus envie de me marier qu’hier – une petite pensée émue pour les millions de gens qui sont de corvéee de mariage en cette magnifique journée ensoleillée. Par contre, je suis déçu que Boeing ne profite pas de l’occasion pour organiser une petite sauterie.

Article extrait du 20 minutes daté du 6 juillet 2007 et crédit photo : Boeing

Anyone who mentions Paris Hilton one more time must die.

Voilà, j’ai craqué, j’aurais donc parlé au moins une fois du iPhone et de Paris Hilton, les deux sujets capitaux du moment à en croire les médias, quoique ce sont Tony Parker et Eva Longoria qui font la une des journaux aujourd’hui. Quelle fatigue…

Illustration volée à Marketing Hipster via FredCavazza. Texte volé à Roseanne Barr via NeimaD

De la modernitude (2/3)

J’aime le métro et j’étais très impatient de voir la deuxième ligne toulousaine. Il faut dire que les travaux ont défiguré le centre ville pendant quatre six ans, certes. Mais il faut surtout relever que Toulouse, deuxième ville étudiante et quatrième ville de France possède des infrastructures ridicules au regard du nombre d’habitants et du dynamisme local1. La politique “zéro endettement” que pratique la municipalité depuis de nombreuses années a du bon2, mais à vivre au quotidien, c’est tout simplement insupportable.

Enfin ça y est, la deuxième ligne est ici. Comme 500 000 toulousains, j’ai donc parcouru la ligne B tout le week-end pour découvrir les nouvelles stations. Une fois n’est pas coutume, je suis resté ébahi par le résultat. À l’image de la ligne 14 à Paris, on sent bien que les architectes ont tiré les leçons du passé pour en finir avec cette vision souterraine du métro : les stations sont belles, spacieuses et lumineuses. Cerise sur le gâteau, l’intégration des œuvres d’art est une réussite. Fini les coloriages maladroitement collés sur un mur, place à la cohérence et à l’intégration des créations dans toute la station. Le site web mis en place par Tisséo est malheureusement avare en illustrations mais ce n’est qu’une question de temps j’imagine…

“Jean Jaurès” est évidemment la station incontournable puisqu’elle assure la jonction entre les 2 lignes de métro. Les architectes ont récréé le précédent puit en plein milieu des allées. Les gigantesques sous-sols bétonnés rappellent inévitablement le dédale de “Châtelet Les Halles” avec ses hordes de portiques, sa signalétique omniprésente et ses nombreux escalators tentaculaires. Je reste également marqué par la station François Verdier dont le “mallandier”, arbre imaginaire de l’artiste Patrick Corrillon, traverse la station sur les trois niveaux pour évoquer les conflits meurtriers de ces cent dernières années. Le résultat est une introspection dans l’horreur de la guerre qui m’a rappelé l’insoutenable entrée du Mémorial de Caen. En d’autres mots, cette œuvre trouve naturellement sa place à la station du Monument aux morts mais c’est tout de même bien glauque…

La ligne B m’a toujours manqué avant même de la connaître et il ne m’aura fallu que quelques heures pour l’adopter définitivement. Ainsi donc je dresse un tableau somptueux du nouveau métro. Est-il parfait pour autant ? Vais-je écrire mon premier post pas énervé à propos de Toulouse ? Non, car j’ai gardé le meilleur pour la fin, ce petit détail que j’aime à relever lorsque tout semble parfait. En l’occurrence, je suis resté bloqué sur le nouveau plan du métro, car qui dit nouvelle ligne3, dit nouveau plan. Je laisse la photo – pourrie, comme le plan – parler d’elle même :

Bon alors qu’est-ce qui ne va pas avec ce plan ? Et bien je ne sais par quoi commencer ! Le tracé rectiligne genre « reliez les points de 1 à 20 » ? Les gros A et B dans chaque rond qui n’apporte aucune information pertinente ? La jonction “Jean Jaurès” en bicolore4 style Malabar bi-goûts citron-fraise ? Le nom microscopique des stations dans ces cadres immondes ? Ou tout simplement le rendu global de ce plan qui relève d’un amateurisme et d’un manque flagrant de réflexion en terme de signalétique et d’ergonomie ? Je ne suis pas graphiste et mes critiques n’ont rien de personnelles5 mais il me semble que n’importe quel professionnel abondera dans mon sens. Et puis quand on dépense 1,4 milliard d’euros, on peut en garder quelques milliers pour ce payer une bonne agence. Alors, dans ma grande bonté, j’ai passé quelques heures sur Illustrator et si par hasard Monsieur Tisséo arrive sur cette page, j’espère qu’il en prendra de la graine (et il pourra même cliquer dessus pour le voir en – très très – grand).

On me reproche souvent de gueuler sans rien proposer alors cette fois je me suis motivé et j’apporte mes lanternes au médiocre dessinateur de ce plan en attendant d’envoyer un courrier incendiaire à Tisséo. Oui alors ça fait très RATP peut être, mais je n’ai pas que ça à faire non plus. S’ils veulent d’autres idées, je les invite à admirer le nouveau plan du métro new yorkais (via : Computerlove). À bon entendeur…

[1] Oui je sais, je radote.
[2] D’un point de vue financier comme mon banquier me le rappelle souvent.
[3] Enfin surtout deuxième ligne !
[4] ah ben oui, y a deux lignes qui y passent alors il faut mettre les couleurs de chaque ligne sinon les gens ne vont pas comprendre…
[5] D’ailleurs je ne connais pas le créateur de ce plan.

Justice pour tous

Télérama résume très bien le nouvel album † de Justice1. Extrait :

L’affaire semble entendue : à peine le premier album du duo parisien Justice publié – avec une † en guise de titre trompe-la-mort –, on sait déjà qu’il sera : 1) l’un des événements musicaux majeurs de l’année ; 2) la bande-son méchamment dansante de l’été ; 3) l’objet d’un culte sautant allègrement les frontières, avec fan-clubs intercontinentaux survoltés, jusqu’au Japon, jusqu’au Chili, et peut-être même en Mandchourie. Le fan de Justice n’a pas de couleur de peau, pas de religion musicale, pas de langue de prédilection. Il aime le gros son qui fait du bien quand ça fait mal, il aime la pulsation épileptique, la répétition mélodique hallucinogène. Il aime, surtout, aimer une musique sans se poser la moindre question, sans l’intellectualiser, mais juste pour ce qu’elle est : une matière sonore vivante, excitante, dansante, hédoniste. Le fan de Justice est un homme (une femme) heureux(se).

Il manque dans cette critique (comme dans les autres que j’ai lues) un aspect qui me frappe depuis le premier morceau entendu l’été dernier2. Peut-être suis-je le seul à le penser (ça m’étonnerait) mais le son de Justice me fait inlassablement penser aux opéra-disco-rock des années 70, de Phantom of the Paradise à The Rocky Horror Picture Show. J’y vois aussi un superbe hommage à l’incroyable filmographie de Dario Argento et aux Goblins, groupe de rock progressif italien (!) qui a magnifiquement mis en musique plusieurs de ses films. La preuve en est avec le morceau Phantom (de Justice) qui remixe à merveille le thème musical du film Ténèbres (de Goblins), CQFD. Mais puisque ce film nous amène déjà dans les années 80, je remets une mention spéciale à “One Minute To Midnight”, dernier morceau de l’album † qui illustrerait à merveille les déboires de Kurt Russel (et sa magnifique nuque longue) dans le New York 1997 de Carpenter.

(Ouah, j’ai réussi à parler de Justice sans citer Daft Punk !)

[1] C. from London me disait récemment « Et vous connaissez Djeustisse en France ? » Oui ma chérie, on connait, ce sont des parisiens et même si Laurent Garnier et Daft Punk sont passés par la case UK pour se faire connaître avant de briller dans notre pays, on y a – cette fois-ci – également eu droit en France.
[2] Le premier EP “Waters of Nazareth”

Illustration avec une superbe photo HDRI de Stuck in Customs utilisée sous licence Creative Commons. Allez la voir en grand format !