Otto; Or Up With Dead People

Jey Crisfar as Otto, photo by Bruce LaBruce

Il fallait le savoir (merci Asbel), Toulouse accueille actuellement la deuxième édition du festival du film LGBT Des IMAGES aux MOTS (jusqu’à dimanche, alors dépêchez-vous). Après un gentil Shelter ce mardi lundi au Ramier (carrément sympa la boite de nuit en mode fauteuils et grand écran), je me suis retrouvé au Goethe-Institut pour l’avant-première française toulousaine de Otto; Or Up With Dead People de Bruce LaBruce. Ceux qui connaissent le réalisateur ont déjà tiqué, pour les autres, un petit tour sur la page wikipedia de Bruce LaBruce s’impose avant d’aller plus loin.

Donc, me voilà dans la superbe cave voutée du Goethe-Institut en train de galérer devant un court-métrage allemand qui me rappelle que mes derniers cours de seconde langue remontent à 1992… Par la suite, Otto est heureusement en anglais même si le film a été tourné à Berlin avec des acteurs allemands (exception faite du héros Jey Crisfar qui est belge). A vrai dire, je m’attendais à un délire porno trash, une branlette artistique ou une série B en carton-pâte…  Shame on me, car 95 minutes plus tard, alors que le générique de fin défilait à l’écran, je restais scotché sur mon fauteuil, essayant de me remettre de cette grosse claque.

Le film commence doucement, sur une route de campagne où Otto émerge de son état de zombie et, faute de mieux, fini par manger un lapin écrasé dans une scène gentiment gore. Une voix off nous explique que les zombies ont appris à parler et à vivre parmi les humains, qu’ils sont maintenant doué de raison… bref, encore la faute à Darwin. Arrivé en ville, il couche avec un mec; en fait, il le tue. Il erre dans la ville et rencontre une réalisatrice underground qui le recrute pour tourner son chef d’oeuvre rêvé Up With Dead People, un film politico-porno-zombie.

Le résultat est assez déconcertant et mélange deux films : Otto évidemment, mais aussi Up With Dead People dont on suit le tournage et la projection en parallèle de l’histoire centrale. Bruce LaBruce ne rate pas une occasion de montrer quelques scènes pornographiques et plusieurs passages gentiment trash ne manquent pas de faire sourire. Mais, sous une apparente légèreté, ce film au début déluré s’avère rapidement plus profond qu’il n’y parait. La situation pas banale d’Otto, un zombie gay qui joue dans un film de zombie gay, sert de prétexte à une introspection dans l’histoire du héros. Qui était-il ? Que fait-il dans cette ville ? Où va t’il ? Des questions très humaines au final. Les réponses s’avèrent dramatiques et on y aborde les thèmes de la différence (évidemment), la mort (re-évidemment), la solitude, l’amour, la folie, etc. Tout un programme pour un film — toujours pas sorti en salle — qui brille à tous les festivals où il est présenté depuis plus d’un an. Je vous dirais bien d’aller le voir mais il va donc falloir attendre. Une bonne raison de se bouger au festival Des IMAGES aux MOTS que je remercie pour cette révélation (et merci au Goethe-Institut pour la BitBurger).

Photo: Jey Crisfar as Otto by Bruce LaBruce

10 thoughts on “Otto; Or Up With Dead People”

  1. euh, avant-première toulousaine plutôt, même si c’est sympa de grandir notre petit festival : )

    et bitte ein bit!

  2. En effet oui, je viens de voir qu’il a été présenté au Palais de Tokyo il y a 1 an, c’est donc corrigé.
    (je suis content que t’ais retenu la blague en allemand 🙂

  3. Et hop on parle de fion et de psychopathie occidentale (i.e le pourquoi du comment de la torture de la tête d’exister que c’est pas facile) et t’as 4 (+1) comments en moins de 24h.

    Bien joué les gars du marketing.

  4. Pas vraiment en fait : Asbel est organisateur et Audrey était avec moi à la séance de lundi, plus mes 2 (+1) commentaires, on est loin de déchainer les passions !

  5. OMG! et toi qui parle de Bruce LaBruce, et voila t’il pas que Rom m’a trainé a son anniversaire à Berlin, dans un endroit appellé Fikken 3000 (il parait que ca veut dire fuck, moi j’avais seulement compris 3000) et donc, on a ete accueillis par un gars costumé en cuir cagoule, et il y avait une performance bizzare une sorte de duo mais pas vraiment, et puis il y avait ce gars des Scissors sisters qui n’arretait pas de me regarder et qui se rapprochait de plus en plus, heureusement que Rufus Wainwright l’a bloqué pres du darkroom, innaprochable . En attendant, on a fait la connaissance de Enrique, jeune ephebe de 13 ans mais qui en réalite est la soeur de Lisa que j’avais vu la veille mais j’avais pas retenu. C’est en lisant ton post que tout ca m’est revenu, parce que j’avais oublié aussi. Hustler White, c”etait bien Bruce LaBruce?

  6. Trop bon ! Il faut absolument que tu me racontes ça en détails ! Bon et puis vu ton facebook, tu as l’air d’avoir des bonnes photos à me montrer. Donc je crois que c’est clair : la prochaine fois on part à berlin ensemble !

  7. Boudu!
    oui comme tu le dis, ce film plus profond qu’il n’y parait, ca m’etonne pas venant du bruce!moi je vous conseille le tres warholien Raspberry Reich
    et, jay
    c’est Henrike et pas Enrique
    quelqu’un m’accompagne a l’open air de ellen alien samedi?
    multiwurst!
    Rom

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