Le before dans ton fauteuil

J’ai mal au dos et au cou, j’ai transpiré, je suis fatigué et j’ai envie de sortir. Bref, je rentre d’un excellent concert… sauf qu’en fait je reviens du cinéma, j’ai vu un film… pire, j’ai vu un Blue-ray sur grand écran. Ça s’appelle Don’t Think et c’est visiblement passé inaperçu à en juger par les 10 personnes présentes dans la salle. Enregistré au Fuji festival de 2011, ce film ne fait même pas l’effort scénarisitique/documentaire d’un Part Of The Weekend Never Dies ou d’un A Cross The Universe et se contente de filmer 90 minutes de live des Chemical Brothers. Sauf que, pour ceux qui n’ont jamais vu le duo britannique en concert comme pour les fans, “Don’t Think” est un bonheur pour les yeux et les oreilles. Chaque morceau donne irrésistiblement envie de se lever pour danser jusqu’au matin – quelle frustration d’être dans un fauteuil…

Les visuels sont bien connus et mélangent les classiques (les robots, le clown un peu flippant…) avec la brillante création du dernier album “Further” (un DVD accompagnant l’édition spéciale). Niveau musical, les chemical se risquent à un megamix qui, sans égaler les 2 Many DJs ou le “Alive” des Daft Punk, est complètement jouissif. Il permet de réaliser a quel point ces presque 20 années d’activités ont été riches en tubes. On oubliera l’insupportable “Horse Power” et le médiocre inédit “Flashlight” pour se délecter des classiques “Hey Boy Hey Girl”, “Black Rockin’ Beats” ou “Escape Velocity” (oui, c’est déjà un classique). Cerise sur le gâteau, le morceau éponyme et inédit “Don’t Think” s’annonce comme un putain de titre que YouTube peine à retranscrire.

Bref, tu te doutes bien que je suis en ce moment même en train d’écouter les Chemical et que je crache tout mon enthousiasme sur ce billet parce que je n’ai personne avec qui le partager. Donc, pour faire court, va voir les Chemical en concert et si jamais ça passe près de chez toi, va voir “Don’t Think” mais ne fait pas comme moi : pas un mercredi, pas tout seul, et prevois de sortir après.

Idée reçue 2683 : les américains sont à la pointe d’internet

Et tu croyais que les US étaient un pays hi-tech ? Dis merci aux années 80 qui t’ont fait gober tout un tas de connerie — avec le recul, il n’y avait rien de très avancé dans Wargames… Pourtant, quand j’etais petit, j’entendais toujours “ils ont 20 ans d’avance sur nous”… Alors oui, au pays de la consommation, c’est vrai qu’ils ont eu le Coca light et le Philadelphia avant nous, mais on s’en fout un peu, on a l’Orangina et le St Môret. Et puis de toute façon, je ne parle pas de nourriture industrielle mais du vrai progrès. Internet, par exemple, est né aux US. Les plus gros acteurs du web sont américains et, avant l’explosion chinoise, tout se passait ici. Donc forcement, internet aux US, c’est forcement mieux que chez nous, pas vrai ? On ne sait pas exactement “mieux comment” mais quelque part, c’est forcement un truc de ouf comme dans les films d’anticipation… Ah ah, la bonne blague ! Reviens Léon, internet aux US, c’est le moyen âge.

Question choix, ça commence mal car, bien que la liste soit longue, seuls 2 opérateurs relient mon quartier[1] – dois-je rappeler que j’habite dans le centre-ville de la capitale du plus grand état américain ? AT&T me proposait un débit de 6Mbps maxi (really?), alors j’ai pris Time Warner Cable qui me proposait “jusqu’à” 24Mbps comme j’avais en France. Les tarifs commencent à partir de 19,90$ par mois mais c’est hors-taxe, hors frais d’installation (29,98$), hors dépôt de garantie (300$), avec internet à 1Mbps, sans la télé, sans le téléphone. Ouch. J’ai donc construit mon offre “à la carte” (à prononcer avec l’accent américain) essayant d’obtenir une offre triple-play comme en France. Le minimum syndical en 2011 quoi. J’ai fait un petit tableau comparatif des tarifs mensuels ci-dessous[2]. Serre les fesses et prépare toi à mettre la main au portefeuille.

USA (Time Warner Cable) France (Free)
Internet
Wireless router not included included
TV
Access fee included 1.99€
Set-top box 8.99$ included
DVR 10.99$ included
PHONE
Call to domestic land phone free free
Call to international land phone 0.09$/min free
Call to domestic mobile phone ? free
Call to international mobile phone 0.26$/min ?
Service
Base service 137.99$ 29.99€
Service fees 0.98$ 5.99€
Taxes 14.91$ 6.00€
TOTAL
173.86$ (133.27€) 37.97€ (49.53$)

Le résultat est sans appel : c’est presque 4 fois plus cher et, pour ce prix, je n’ai pas de routeur, pas de wifi et pas les communications téléphoniques. Cerise sur le gâteau, Time Warner Cable s’est payé les services des plus grand créateurs de la planète et me propose le nec plus ultra en matière de design hi-tech. Photos à l’appui, je m’arrête là.

[1] Certes, si on ramène ça à l’échelle européenne en faisant la liste des opérateurs présents dans les 27 pays membres, seul un petit nombre est disponibles en France.
[2] Tarifs basés sur ma facture Free de mai 2011 et Time Warner Cable de novembre 2011. Taux de conversion euro/dollar au 17 décembre 2011. Prix des appels téléphoniques sur la base d’un appel USA/France.

This is my barrio

Alors oui, c’est vrai qu’il ne se passe pas une journée sans que je me demande ce que je suis venu foutre au milieu du Texas. Mais pour commencer, et pour qu’on arrête de m’en parler comme un état où la sodomie est passible de peine de mort, je t’invite à lire l’affaire Lawrence v. Texas ou comment la cour suprême a invalidé une vieille loi pour cause d’incompatibilité avec le quatorzième amendement – une bonne occasion de (re)lire la constitution américaine, un brin plus succincte que la notre, pleine de bonnes intentions avec l’article 18 qui met en place la prohibition et le 21 qui l’annule quelques années plus tard.

Le Texas donc, est le plus grand état américain (un peu plus grand que la France mais 2,5 fois moins peuplé), un sacré nid de connards républicains dont Austin la Démocrate est sa capitale. Cette bourgade (moins d’un million d’habitant) est une ville de hippies devenue repère de hipsters écolos et fiers de promener leur petit chien. Auto-proclamée “Live Music Capital of the World”, la ville est effectivement blindée d’innombrables bars où la country music règne en maître, mais pas que, ouf ! Voila pour le pitch. Pour le reste, tu peux toujours venir me rendre visite, j’ai acheté un canapé convertible dans un grand magasin suédois qui vient d’ouvrir ici.

Après 30 jours passés dans un appartement confortable et ennuyeux aux frais de la princesse (aka mon employeur), j’ai trouvé mon bonheur dans East Austin. Ce quartier pauvre explose les statistiques peu glorieuses (genre “chômage”, “criminalité” et “jeunes filles mineures enceintes”) mais connait le parcours classique des endroits sympas et près du centre-ville : d’abord des pauvres, puis les artistes arrivent, suivis des bobos et des classes moyennes / CSP+. Ce phénomène de gentrification (j’ai appris ce mot ici) est bien connu sur le vieux continent et décrit par les médias texans comme une tragédie. Quoiqu’il en soit, j’aurais pu trouver pire : East Austin est vraiment cool avec ses nombreux bars, ateliers et galeries d’artistes, le tout à un bloc du centre-ville. Bref, je vois beaucoup de blacks afro-américains et de latinos mexicains mais, n’en déplaise aux cowboys locaux, ils sont très gentils et sans doute moins armés que les blancs du coin.

Bon vent connard

Donc je suis au Texas, mais avant d’écrire ce nouveau chapitre, il a fallu tourner la page toulousaine. Onze années dans la ville rose, dont six au penthouse. Je ne te parle pas de toutes ces teufs, tu y étais, et ce blog témoigne (un peu) de nos (trop nombreuses) nuits agitées. Il y avait donc une soirée de clôture et, si tu n’étais pas là, je m’excuse mais tu n’étais pas dispo ou alors tu n’étais pas invité – mais c’est pas moi qui gérait la guestlist. Le soleil a fait le tour de l’horizon. C’était parfait. Je t’épargne l’album facebook mais tu sais que je t’aime très fort quand même.

Κύπρος

Pour le plaisir d’écrire en cyrillique, remercier David & Chrystalla, partager les paysages d’une semaine paradisiaque. Venez pour les gens, la cuisine, l’histoire, la plage, la montagne, la chaleur…

veuve art

You know Aspartame?

Le mot-du-jour-du-mois-dernier était “Vuvuzuela”, mais j’étais en voyage d’affaire (c’est tellement seventies) et je n’ai pas eu le temps d’écrire quoique ce soir à ce sujet. Il faut dire qu’on en était tous là, à découvrir les oreilles béantes comment ruiner une des plus importantes manifestations capitalistes sportives — une nouvelle forme d’activisme altermondialiste ? En guise d’épilogue, YouTube a intégré un nouveau bouton “ballon de foot” dans son player pour ajouter une ambiance coupe du monde à n’importe quelle vidéo. Je suis admiratif.

Mais, parce que c’est l’été, je voulais parler régime, pas football, et le mot du jour est donc “Stevia”. En particulier, la Stevia rebaudania est une plante sucrée et, comme le dit wikipedia, «Les extraits de la feuille ayant un pouvoir sucrant très supérieur au sucre, cette plante a attiré l’attention des chercheurs» …alors que les indiens d’Amérique du sud sont sur le coup depuis des siècles et que la molécule a été isolée dans les années 30 — par des français, waow. Pour faire court, la stevia est l’édulcorant du XXIe siècle : zéro calories, le goût du sucre (avec un petit arrière goût amer à corriger), compatible avec les régimes diabétiques et en plus c’est pas cher. Bref, Coca-Cola and co sont sur les starting blocks. Fini le Canderel (Remember Nutrasweet ?), on va bouffer du Rebiana™, Truvia™ et PureVia™, les noms commerciaux de la chose. Tu crois que je plaisante et que je suis léger ? Non, je te parle d’un marché qui se chiffrera bientôt en milliards de dollars d’euros. Bon, je te laisse, j’ai un pack dans le frigo (j’ai pris fraise, parce que citron c’est dégueu), je goute et je te dis ça.

Le complot des apparences

C’est clair, Manu Chao est un de leurs Dieux. Il est comme eux. Aujourd’hui, un dieu, c’est un type qui a la gentillesse d’être comme vous. Manu est comme eux. Il s’habille mal. Il n’a pas beaucoup de talent. Il ne passe pas trop souvent à la télévision. Il vend des millions de disques, mais se fout bien de son argent. C’est un anarchiste, comme ils disent. Et puis, comme eux, il habite Barcelone, un quartier populaire. Comme eux, il aime le peuple (parce qu’il est vrai), les putes (parce qu’elles sont authentiques), les pédés (parce que se sont des hommes comme les autres et que c’est un grand pas pour l’humanité qu’on puisse enfin tous les marier), les Pékinois (pourquoi pas?), les Pakistanais (parce que), les paralytiques (parce qu’ils ont le cœur sur la main), les pauvres (parce qu’ils sont pauvres), la paix dans le monde (parce que ca fait du bien), les poux (parce qu’ils en sont pleins), les chiens et les enfants (parce qu’ils n’ont pas de problèmes avec leurs excréments) et la poésie (parce qu’ils ne savent pas ce que c’est).

Je n’avais pas encore lu de livre depuis le début de l’année et je ne peux que remercier DonLope pour ses précieux conseils concernant « Le Complot des Apparences », premier roman de Sacha Ramos, sorti en ce début d’année aux éditions Léo Scheer. L’histoire est simple : de retour à Barcelone, sa ville natale, Igor Ramirez pète un plomb …et c’est plutôt jouissif. Le livre est (trop) court, l’écriture intelligente et stylée pour un résultat très postmoderne. Mais puisque je ne suis pas critique, je ne sais pas trop comment en dire plus donc je me contente d’en faire ma première (vive) recommandation littéraire depuis que ce blog existe.

Siestes électroniques 2010

Pas encore remis de l’édition 2010 des siestes électroniques et j’ai encore envie de déclarer mon amour au meilleur festival de musique. Ayant raté toutes les soirées (merde, il y avait Pantha du Prince et Joakim), je suis donc revenu à l’essentiel : les après-midi à la prairie des filtres. J’étais distrait samedi car à peine sorti de l’avion mais dimanche, ahhh dimanche, j’ai enfin vu Chateau Marmont en live, découvert l’excellent duo anglais Mount Kimbie et apprécié le talent de la moitié de Junior Boys. Du soleil, 3 gouttes de pluie, de l’herbe verte et les amis. Formidable.

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques

Siestes electroniques