Category Archives: blog

ça tourne au texas printemps 2015

podcast_cover_2015_printemps_600pxLe nouveau GarageBand ne gère plus la création des podcast et il m’aura donc fallu trouver une vieille version de 2011 pour produire cet épisode dont la playlist était pourtant prête lorsque je suis parti en Islande. Voici donc la bande son d’un road trip de 8 jours. Une sélection musicale que je n’ai pas pu tester sur place étant donné que l’autoradio du van n’avait pas de prise auxiliaire…

Allez hop, direction iTunes ou Spotify

  1. Laurent Garnier – Revenge of the Lol Cat.
  2. Young Fathers – Still Running.
  3. Lapalux – Don’t Mean A Thing
  4. Mark Ronson – Feel Right feat. Mystikal
  5. VIMES – Celestial (Gardens of God Remix)
  6. Gold Panda – Through Clouds
  7. Jamie xx – The Rest Is Noise
  8. Taylor McFerrin – Decisions feat. Emily King
  9. J-Why – Writing Time
  10. Björk – Atom Dance feat. Antony Hegarty
  11. Emilíana Torrini – Lifesaver

If it’s a funeral… let’s have the best funeral ever

Début 2011, j’ai essayé d’obtenir une place pour le dernier concert de LCD Soundsystem à New York, en vain. Certes, je peux me prévaloir (comme les chewing-gum) de les avoir vus en concert 5 fois auparavant (oui, je radotais déjà ici, ici et encore ) mais une fin n’ai jamais programmée et un groupe se termine normalement par un suicide ou une overdose, pas avec avec un concert mythique au Madison Square Garden. La séance de rattrapage pour les milliers de fans comme moi passait par la case cinema avec la projection du film-concert-documentaire Shut Up and Play the Hits.

Voilà pour l’introduction formelle. En vrai, je rentre du cinema à l’instant et j’ai les joues tirées par mes larmes séchées. L’impression d’avoir vécu une fin, une vraie, pas comme ces films qui laisse une porte ouverte pour une éventuelle suite. James Murphy, le leader du groupe, annonce, prépare et met en scène son enterrement. Au delà du coup marketing (ou alors il brille vraiment dans l’art de la manipulation), il apparait comme le mec normal qu’on soupçonne tous depuis son premier single. Ce mec est talentueux, fan de musique, il n’est pas là pour être une star mais juste pour vivre une expérience avec ses amis et son public comme il l’a si bien fait depuis 10 ans. Le résultat est puissant, barré, drôle, triste.

Les hits s’enchaînent, entrecoupés du quotidien de Murphy avant et après le concert. Musicalement c’est un régal. J’ai redécouvert I’m losing my edge et pleuré ma race sur All my friends. La bonne surprise (spoiler inside) ne revient pas au New York I love you qui clôt le concert mais plutôt au thème de Twin Peaks qui le précède (oui oui, tu as bien lu). Bref, ce billet n’est sans doute pas très intéressant, je suis juste sous le coup de l’émotion, mais putain, si tu peux, va le voir… au pire, attends le 8 octobre pour la sortie DVD.

Je ne travaille pas, je vote

En ce lundi 28 mai 2012, je ne travaille pas, c’est memorial day. C’est donc un weekend privilégié pour rendre hommage aux militaires américains, pourquoi pas. Mais il faut mettre ça dans le contexte : avec le cinemascope, la musique et le coeur gonflé à bloc. Au final, ils te feraient presque chialer ces cons. Je te jure qu’hier, à la maison blanche, Collin Farrell Powell a fait un discours presqu’aussi bon que son plus beau mensonge à l’ONU, un tube d’anthrax à la main. Et puis il a annoncé la suite du programme : l’orchestre philharmonique de je-ne-sais-où va maintenant jouer le morceau Honor composé par Hanz Zimmer (les cinéphiles apprécieront). Et pourquoi pas John Williams tant qu’on y est ? Alors soudain, tu vois des millions d’américains hyper émus alors qu’on entend un médiocre morceau avec des violons et des trompettes, comme dans n’importe quel film américain lorsqu’on voit la bannière étoilée. Dans la vie comme à l’écran.

Pendant ce temps là, je dois élire mon député d’Amérique du nord. C’est tout nouveau, c’est la première fois, donc forcement je suis tout excité… Sauf qu’il faut voter par internet. Ouais trop cool, pas besoin de sortir de chez soi – de quoi faire baisser l’absentéisme disent les spécialistes. Je m’en fous, je ne veux pas voter par internet, j’aime bien mettre mon enveloppe dans l’urne. Je ne suis pas vieux jeu, non, j’ai des vrais raisons; scientifiques j’entends. Entre les problèmes de sécurité et l’obscure système propriétaire qui fait tourner la boutique, je pense qu’il s’agit d’un risque pour la démocratie. Mais plutôt que de rentrer dans les détails techniques, je vais m’en tenir à ma simple expérience. Le mois dernier, j’ai reçu deux courriers du Ministère des affaires étrangères. Chaque lettre visiblement identique me disait de gratter pour découvrir un identifiant de vote (avec toujours cette stupide excitation de peut être gagner de la thune). Dix jours plus tard, j’ai reçu deux emails avec deux mots de passe différents. Donc aujourd’hui, j’ai pu voter deux fois. Et je l’ai fait. Ça marche. Je me demande si je peux faire invalider les élections ?

L’illusion du choix, t’as de la merde dans les yeux ?

Tout a commencé par une infographie reprise par la blogosphère. On y voit comment Kraft, Unliver et consorts se partagent les produits de notre quotidien. Rapidement suivies par d’autres parce qu’une image vaut mieux que mille mots et que le web aime (trop) les infographies en ce moment. Ainsi donc, la vérité éclate au grand jour, avec un peu de retard. Un peu comme on semble découvrir aujourd’hui que l’entrée de la Grèce dans l’union européenne était déjà controversée à l’époque — oui je m’en souviens, on en avait parlé en CM2 lors d’un exposé sur l’entrée de l’Espagne et du Portugal. Donc, sans surprise, le monde n’appartient pas au 99% mais plutôt aux 0,000001% (il manque sans doute des zéros). Et puisque l’heure est au patriotisme et au mythe de la ré-industrialisation, il serait temps que les consommateurs-citoyens prennent le temps de lire le dos de l’étiquette. Juste pour savoir que Maille et Amora sont maintenant américains (pire, les graines de moutarde de Dijon viennent principalement du Canada depuis des décennies), qu’Häagen-Dasz n’est pas une obscure maison scandinave mais bien une marque du géant américain General Mills, que Pringles est fabriqué par Procter & Gamble, leader mondial de la lessive, que Body Shop appartient à Liliane de Bettencourt, etc. Déjà, je ne suis pas un fervent défenseur de la théorie du complot mais là, c’est écrit sur l’emballage. Donc, si comme moi le matin il te faut une heure pour sortir la tête du cul émerger, (re)découvre le plaisir simple de la lecture du paquet de céréales au réveil. Non-content de contempler l’effrayante liste des ingrédients, profite de ce moment privilégié pour prendre conscience de la concentration industrielle de notre monde. Bref, lis la doc, bordel.

[image: the leo burnett blog]

Le before dans ton fauteuil

J’ai mal au dos et au cou, j’ai transpiré, je suis fatigué et j’ai envie de sortir. Bref, je rentre d’un excellent concert… sauf qu’en fait je reviens du cinéma, j’ai vu un film… pire, j’ai vu un Blue-ray sur grand écran. Ça s’appelle Don’t Think et c’est visiblement passé inaperçu à en juger par les 10 personnes présentes dans la salle. Enregistré au Fuji festival de 2011, ce film ne fait même pas l’effort scénarisitique/documentaire d’un Part Of The Weekend Never Dies ou d’un A Cross The Universe et se contente de filmer 90 minutes de live des Chemical Brothers. Sauf que, pour ceux qui n’ont jamais vu le duo britannique en concert comme pour les fans, “Don’t Think” est un bonheur pour les yeux et les oreilles. Chaque morceau donne irrésistiblement envie de se lever pour danser jusqu’au matin – quelle frustration d’être dans un fauteuil…

Les visuels sont bien connus et mélangent les classiques (les robots, le clown un peu flippant…) avec la brillante création du dernier album “Further” (un DVD accompagnant l’édition spéciale). Niveau musical, les chemical se risquent à un megamix qui, sans égaler les 2 Many DJs ou le “Alive” des Daft Punk, est complètement jouissif. Il permet de réaliser a quel point ces presque 20 années d’activités ont été riches en tubes. On oubliera l’insupportable “Horse Power” et le médiocre inédit “Flashlight” pour se délecter des classiques “Hey Boy Hey Girl”, “Black Rockin’ Beats” ou “Escape Velocity” (oui, c’est déjà un classique). Cerise sur le gâteau, le morceau éponyme et inédit “Don’t Think” s’annonce comme un putain de titre que YouTube peine à retranscrire.

Bref, tu te doutes bien que je suis en ce moment même en train d’écouter les Chemical et que je crache tout mon enthousiasme sur ce billet parce que je n’ai personne avec qui le partager. Donc, pour faire court, va voir les Chemical en concert et si jamais ça passe près de chez toi, va voir “Don’t Think” mais ne fait pas comme moi : pas un mercredi, pas tout seul, et prevois de sortir après.

Idée reçue 2683 : les américains sont à la pointe d’internet

Et tu croyais que les US étaient un pays hi-tech ? Dis merci aux années 80 qui t’ont fait gober tout un tas de connerie — avec le recul, il n’y avait rien de très avancé dans Wargames… Pourtant, quand j’etais petit, j’entendais toujours “ils ont 20 ans d’avance sur nous”… Alors oui, au pays de la consommation, c’est vrai qu’ils ont eu le Coca light et le Philadelphia avant nous, mais on s’en fout un peu, on a l’Orangina et le St Môret. Et puis de toute façon, je ne parle pas de nourriture industrielle mais du vrai progrès. Internet, par exemple, est né aux US. Les plus gros acteurs du web sont américains et, avant l’explosion chinoise, tout se passait ici. Donc forcement, internet aux US, c’est forcement mieux que chez nous, pas vrai ? On ne sait pas exactement “mieux comment” mais quelque part, c’est forcement un truc de ouf comme dans les films d’anticipation… Ah ah, la bonne blague ! Reviens Léon, internet aux US, c’est le moyen âge.

Question choix, ça commence mal car, bien que la liste soit longue, seuls 2 opérateurs relient mon quartier[1] – dois-je rappeler que j’habite dans le centre-ville de la capitale du plus grand état américain ? AT&T me proposait un débit de 6Mbps maxi (really?), alors j’ai pris Time Warner Cable qui me proposait “jusqu’à” 24Mbps comme j’avais en France. Les tarifs commencent à partir de 19,90$ par mois mais c’est hors-taxe, hors frais d’installation (29,98$), hors dépôt de garantie (300$), avec internet à 1Mbps, sans la télé, sans le téléphone. Ouch. J’ai donc construit mon offre “à la carte” (à prononcer avec l’accent américain) essayant d’obtenir une offre triple-play comme en France. Le minimum syndical en 2011 quoi. J’ai fait un petit tableau comparatif des tarifs mensuels ci-dessous[2]. Serre les fesses et prépare toi à mettre la main au portefeuille.

USA (Time Warner Cable) France (Free)
Internet
Wireless router not included included
TV
Access fee included 1.99€
Set-top box 8.99$ included
DVR 10.99$ included
PHONE
Call to domestic land phone free free
Call to international land phone 0.09$/min free
Call to domestic mobile phone ? free
Call to international mobile phone 0.26$/min ?
Service
Base service 137.99$ 29.99€
Service fees 0.98$ 5.99€
Taxes 14.91$ 6.00€
TOTAL
173.86$ (133.27€) 37.97€ (49.53$)

Le résultat est sans appel : c’est presque 4 fois plus cher et, pour ce prix, je n’ai pas de routeur, pas de wifi et pas les communications téléphoniques. Cerise sur le gâteau, Time Warner Cable s’est payé les services des plus grand créateurs de la planète et me propose le nec plus ultra en matière de design hi-tech. Photos à l’appui, je m’arrête là.

[1] Certes, si on ramène ça à l’échelle européenne en faisant la liste des opérateurs présents dans les 27 pays membres, seul un petit nombre est disponibles en France.
[2] Tarifs basés sur ma facture Free de mai 2011 et Time Warner Cable de novembre 2011. Taux de conversion euro/dollar au 17 décembre 2011. Prix des appels téléphoniques sur la base d’un appel USA/France.

This is my barrio

Alors oui, c’est vrai qu’il ne se passe pas une journée sans que je me demande ce que je suis venu foutre au milieu du Texas. Mais pour commencer, et pour qu’on arrête de m’en parler comme un état où la sodomie est passible de peine de mort, je t’invite à lire l’affaire Lawrence v. Texas ou comment la cour suprême a invalidé une vieille loi pour cause d’incompatibilité avec le quatorzième amendement – une bonne occasion de (re)lire la constitution américaine, un brin plus succincte que la notre, pleine de bonnes intentions avec l’article 18 qui met en place la prohibition et le 21 qui l’annule quelques années plus tard.

Le Texas donc, est le plus grand état américain (un peu plus grand que la France mais 2,5 fois moins peuplé), un sacré nid de connards républicains dont Austin la Démocrate est sa capitale. Cette bourgade (moins d’un million d’habitant) est une ville de hippies devenue repère de hipsters écolos et fiers de promener leur petit chien. Auto-proclamée “Live Music Capital of the World”, la ville est effectivement blindée d’innombrables bars où la country music règne en maître, mais pas que, ouf ! Voila pour le pitch. Pour le reste, tu peux toujours venir me rendre visite, j’ai acheté un canapé convertible dans un grand magasin suédois qui vient d’ouvrir ici.

Après 30 jours passés dans un appartement confortable et ennuyeux aux frais de la princesse (aka mon employeur), j’ai trouvé mon bonheur dans East Austin. Ce quartier pauvre explose les statistiques peu glorieuses (genre “chômage”, “criminalité” et “jeunes filles mineures enceintes”) mais connait le parcours classique des endroits sympas et près du centre-ville : d’abord des pauvres, puis les artistes arrivent, suivis des bobos et des classes moyennes / CSP+. Ce phénomène de gentrification (j’ai appris ce mot ici) est bien connu sur le vieux continent et décrit par les médias texans comme une tragédie. Quoiqu’il en soit, j’aurais pu trouver pire : East Austin est vraiment cool avec ses nombreux bars, ateliers et galeries d’artistes, le tout à un bloc du centre-ville. Bref, je vois beaucoup de blacks afro-américains et de latinos mexicains mais, n’en déplaise aux cowboys locaux, ils sont très gentils et sans doute moins armés que les blancs du coin.

Bon vent connard

Donc je suis au Texas, mais avant d’écrire ce nouveau chapitre, il a fallu tourner la page toulousaine. Onze années dans la ville rose, dont six au penthouse. Je ne te parle pas de toutes ces teufs, tu y étais, et ce blog témoigne (un peu) de nos (trop nombreuses) nuits agitées. Il y avait donc une soirée de clôture et, si tu n’étais pas là, je m’excuse mais tu n’étais pas dispo ou alors tu n’étais pas invité – mais c’est pas moi qui gérait la guestlist. Le soleil a fait le tour de l’horizon. C’était parfait. Je t’épargne l’album facebook mais tu sais que je t’aime très fort quand même.