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Je veux une voiture verte

[Ce billet a été originellement publié sur janeck.net]

Je bloque pas mal sur les voitures en ce moment (j’ai déjà fait mon coming-out en avouant ici regarder Turbo sur M6), pas en terme de performance ou de fantasme viril, mais plus comme un objet du quotidien avec lequel je lie un rapport de complicité (j’avais une Micra métal intérieur sport-girly rouge je te rappelle). Alors forcément, j’aime souvent les modèles un peu barrés, à mi-chemin entre le jouet, la voiture de collection et l’objet design. Depuis 1991, je suis amoureux de la Nissan Figaro et, lorsque je l’ai vu en vrai pour la première fois de ma vie cette année à Vancouver, mon amour presque vingtenaire a ressurgi comme au premier jour…

Entre temps, le monde capitaliste est entré dans la crise et le greenwashing commence lentement à influencer le style des voitures et le rapport qu’on a avec. Bilan ? Les voitures hybrides sont toujours aussi laides (ils se sont passé le mot ou quoi ?), la fin annoncée des 4×4 a trouvé son salut dans l’invention de la nouvelle catégorie des crossover et les marques de luxe n’ont jamais autant vendu de monstres urbains. Pourtant l’espoir existe mais il se cantonne souvent au Japon au monde des concept cars, sortes de démo-produit que les constructeurs aiment à présenter comme une preuve de leur savoir faire et/ou la version béta d’un éventuel futur vrai modèle (qui sera beaucoup plus consensuel une fois sur le marché…) Alors, lorsque Daihatsu présente la Basket au Tokyo Motor Show, je craque complètement (j’ai un faible pour le vert pâle ou quoi ?) On aurait pu espérer que cet adorable panier sorte des bureaux de Citroën comme une version revisitée de la Mahari, malheureusement, le constructeur français pourtant bien inspiré ces derniers temps préfère se concentrer sur des modèles plus chics. Alors bon, laissons les japonais faire une nouvelle fois la preuve de leur talent, moi j’arrête avec les voitures, de toute façon, je n’en ai plus — en fait je conduis une Passat mais chuuuut, j’assume pas du tout…

Daihatsu Basket Concept Car 2009

Source: Kitsune Noir. Images: Nissan Figaro copyright Tashen Japan Design (1991) & Daihatsu Basket from Turbo.fr

You know the Designers Republic?

J’en chialerais presque tellement la nouvelle m’attriste : le britannique Ian Anderson a annoncé la fermeture du studio de design graphique The Designers Republic qu’il avait fondé 23 ans plus tôt. De ce presque quart de siècle d’activité, on connaît – et on retiendra – les nombreux visuels pour le label Warp Records1 et le duo Funkstörung2, mais surtout, SURTOUT, l’incroyable travail réalisé sur WipEout, le premier du nom, dont l’atmosphère entièrement créée par tDR3 n’a d’égal que l’exceptionnelle jouabilité et sensation de vitesse. J’en parlais il y a peu et je devrais cesser l’usage de superlatifs concernant ce jeu, sauf que, bien plus qu’un simple projet dans le book de tDR, WipEout illustre à merveille le style du studio anglais qui s’incrit – s’inscrivait – quelque part entre le graphisme maximum-minimaliste allemand d’après-guerre4 et le style japonais ultra moderne et faussement coloré (entre Robotech et Ghost in the Shell) pour obtenir un résultat au rationnalisme optimiste transposé dans la froideur minimaliste électro5.

Dans WipEout, tDR trace un parcours sans fin au milieu d’énormes ensembles architecturaux à la localisation improbable, le tout jonché de panneaux publicitaires titanesques. Les vaisseaux glissent aux couleurs d’écuries omni-présentes telles nos courses de voiliers, et l’on ne sait plus trop qui, de la multi-nationale ou de l’humain, tient la barre. Soucieux du moindre détail, le studio a même développé sa propre typo ostensiblement glaciale, bien en phase avec cette vision lisse d’une époque  déshumanisé6. tDR nous le dit : le futur (le présent ?) est en apparence propre et design, il est en réalité asseptisé et impersonnel. Pour le reste de son oeuvre, tDR utilise à outrance la police suisse ultra corporatiste Helvetica pour dénoncer la globalisation, un joli paradoxe que revendicait fièrement ce studio ouvertement anti-capitaliste au slogan annonciateur Work Buy Consume Die.

Souvent copiées, rarement égalées, les créations de tDR paraissent toujours originales et modernes, malgré l’explosion du dessin vectorial popularisé par Flash puis le récent retour du pixel art. Pour preuve, leurs sites web (the Designers Republic, The Peoples Bureau for Consumer Information, Pho-ku) restent d’une sobriété atemporelle exemplaire, là où beaucoup de créations semblent désuètes quelques mois seulement après leur sortie. Angry Man était leur mascotte et on la retrouve un peu partout dans leurs oeuvres, comme sur cette belle Swatch en série limitée que j’avais achetée presque innocemment en 1996 et que je porterai ces jours-ci en signe de doeuil. R.I.P Angry Man.

[1] Les sublimes visuels pour Aphex Twin (Aphex avec un corps de bimbo), Autechre (les pochettes hautement typographique), Board of Canada (les visuels psychédéliques/hippies), etc.
[2] tDR ou DR pour les intimes.
[3] Egalement dissous en 2006, décidemment…
[4] L’école d’Ulm pour ne pas la citer.
[5] C’est joli et c’est de Klaxxx qui écrit bien mieux que moi.
[6] Raison pour laquelle le WipeOut 4 (qui n’a pas été réalisé par tDR) est un insulte aux précédents épisodes : on NE DOIT PAS voir d’humain dans WipEout.

Plus d’infos sur Wikipedia. Source : Artkills.
Visuel : The Designers Republic’s Angry Man par Ian Anderson & Dan Fleetwood via flickr (en haut) et diverses créations issues de The Peoples Bureau for Consumer Information (au milieu et en bas).

Dust to dust

L’homme était poussière et redeviendra poussière… et il faudra encore passer l’aspirateur.

Source : Design de Luciano Rigolini, épisode consacré au Hoover « One-fifty » créé par Henry Dreyfuss et rediffusé le 11 janvier 2009 sur Arte. Illustration : Man Ray – Dust Breeding (1920) – Metropolitan Museum of Art, New York.

WipEout 1995-2008

Tout a commencé en 1996 dans un appartement angevin enfumé où tournait un jeu de course anti-gravitationnelle sur Sega Saturn (R.I.P)… WipEout (qu’on peut littéralement traduire par extermination) était le premier jeu non-japonais (anglais en l’occurence) à débarquer sur Playstation. Pour calmer les nippons, le studio Psygnosis s’était payé les services du studio graphique The Designers Republic et d’artistes novateurs comme les Chemical Brothers. Ca n’a l’air de rien en 2008, mais à l’époque, un tel choix relevait presque de l’acte politique tant le mot techno était encore largement associé par les média à la drogue et aux excès d’une jeunesse soit-disant en perdition. Peu importe, car cette – relative – prise de risque a payé. WipEout était hallucinant, un jeu graphiquement chiadé dans un délire high tech, une bande son jouissive, un jeu à 500 km/h qui me rappelle à quel point Gran Turismo est lent. Allez hop, petit retour à l’époque des rave parties avec l’intro de WipEout sur PSone:

2 ans plus tard, ils remettent le couvert avec WipEout2097. Le gameplay ne change pas mais le titre apporte une nouvelle bande son et des circuits flambant neufs. Jouer avec le We have explosive de Future Sound Of London n’a toujours pas eu d’équivalent… Heureuse coïncidence, FSOL est également à l’honneur avec Herd killing sur le générique d’introduction. Démo :

Rebelote deux ans plus tard avec WipEout 3 aka Wip3out. Encore la même chose mais en plus beau, en plus conceptuel, en plus abouti et surtout, en haute définition… Ouais enfin… de la HD en 1999, c’était du 640×480 mais c’était déjà beaucoup pour nos yeux.

Tout bascule en 2002 avec le médiocre WipEout Fusion sur PS2. À vouloir se passer de The Designers Republic, le titre perd tout son charme. Le gameplay est là, mais l’univers à disparu au profit de perso dont on se fout royalement. Fin de l’histoire.

Et puis… avec l’arrivée des consoles nextgen, tout le monde se disait Putain, un WipEout sur PS3 ça déchirerait grave ! La rumeur a enflée jusqu’à devenir officielle. Quelques vidéos circulaient sur le net et la déception tomba cet été lorsque Sony annonça que le jeu était prêt… sauf qu’il venait de se faire recaler au test d’épilepsie ! Mais depuis hier, le jeu est enfin disponible sur le Playstation Network en version “démo jouable améliorée”. Le résultat est à la hauteur, et en fullHD, soit du 1920×1080. Alors je ne mettrai pas là la vidéo en qualité pourrie ici, mais si vous avez 5 minutes, un bon écran et une connexion haut-débit, téléchargez le trailer en 1080p sur le site officiel, ça vaut le coup d’oeil. Ah au fait, je vous ai pas dit… j’ai pas de PS3… Ne pas craquer, ne pas craquer…

D&CO métro

Il y a quelques années, la marque Domestic lançait des stickers muraux en vente chez Habitat (je dis ça mais je ne pense pas qu’ils aient inventé le concept) puis dans d’autres magasins design. Repéré par les chasseurs de tendances, il aura fallu 2 ans pour que les enseignes nationales et internationales sautent sur la poule aux oeufs d’or : on n’a rien trouvé de mieux depuis le papier peint et la peinture. Là où le concept surprenait il y a quelques temps, il s’affiche maintenant en prime time. Tant mieux (la démocratisation) et tant pis (le mauvais goût de valérie machin-truc de M6).

Heureusement, le concept n’est pas mort (Domestic continue de briller avec sa dernière collection) et s’affiche maintenant dans les rues toulousaines. L’année dernière, la nouvelle rue Alsace-Lorraine voyait des monolithes émerger du sol par lot de trois. Étranges au début, ils ont été ensuite recouverts de stickers pour promouvoir «Toulouse, capitale européene de la culture 2013» d’abord, puis l’ouverture du nouveau musée d’Histoire Naturelle. Bonne idée de mobilier urbain, mais ce n’était que le début car c’est maintenant au tour des «cubes» d’ascenseurs du métro de se parer pour l’été. Le résultat est vraiment sympa et ajoute une bonne touche de couleur entre un abri-bus noir et une station vélouse noire. Chouette boulot du toulousain Chat maigre qui en dit un peu plus sur son blog.

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Tous des pourris

Hier matin au tabac, trois vieux messieurs discutaillaient SoGé. Le béret rivé sur la tête, ils s’indignaient face à ces milliards d’euros perdus, recommandant à tous les clients d’immédiatement clore leur compte. C’était magique d’assister à une telle conversation matinale et j’ai volontairement trainé au rayon des magazines pour ne pas en rater une miette. Leur discours manquait de documentation et il était clair qu’aucun d’eux ne brillait en économie mais le fond était là : comment peut-on humainement réagir à un gars qui vous dit calmement qu’il a perdu 5 milliards – et c’est pas grave – lorsqu’on gagne quelques centaines d’euros par mois ? Je serais bien intervenu lorsque la discussion a tourné au un peu facile « tous des pourris » mais comme je suis moi-même souvent tenté par ce genre de réaction…

Tenez par exemple, je viens de lire que notre Président-Gloire à Satan « a choisi un dessin de l’artiste-graveur Yves Beaujard […] qui prendra place sur les timbres français à partir du 1er juillet prochain, date du premier jour de la présidence française à l’Union européenne. »[1] Alors forcément je m’indigne « Quoi ? Et en plus il choisit même nos timbres ? » J’apprends alors « qu’à l’occasion de chaque nouveau mandat, le président de la République confie à La Poste la mission d’émettre une nouvelle Marianne. »[2] Soit, pourquoi pas, mais quand je vois les goûts du président en terme de costumes ou de musique, je m’inquiète un peu du nouveau timbre… Et force est de constater que la nouvelle Marianne se rapproche plus des timbres de la première moitié du XXe siècle que des récentes versions un peu plus originales. En même temps, plus je la regarde et plus je lui trouve des traits tirés (sévères ?) à la Ségolène, détail qui n’aurait sans doute pas manqué d’être soulevé par les médias si elle avait été élue.

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Sources: [1] newsletter cbnews.fr daté du 30 janvier 2008. [2] laposte.fr.

Björk bourrée joue à la wii avec les extra-terrestres

  1. Ce n’était qu’un concept il y a quelques mois… et ça l’est toujours. Oui mais j’avais zappé le site web dédié à la Abduction Lamp. Une lampe amusante que j’aurais bien vu posée sur ma table de chevet d’enfant. Source : Computerlove
  2. Je ne vais pas parler de Bjök à chaque fois qu’elle fait un clip. Sauf qu’il s’agit cette fois de Declare Independance avec Michel Gondry aux commandes. Le résultat n’a pas encore été diffusé mais gageons que l’équation Björk + Mark Bell + Michel Gondry saura être aussi convaincante que le fut Joga ou Bachelorette (en 1997… ça calme.) Source : Gaffer63 via Michel Gondry blog
  3. Qui est le plus nerd ? Qui est Sarkoziste ? Qui a la plus grosse ? Ça dépend, t’as quoi comme console ? Wii vs PS3 vs XBOX360, une étude classique de marketing à la « dit moi ce que t’achètes, je te dirai qui tu es ». Source : Non Wii
  4. Il fallait bien que ça nous tombe sur le coin de la gueule un jour. Donc après le « fumer tue », le « bouger-manger », c’est l’arrivée des unités d’alcool sur les boissons vendues en France. Ouais, on va pouvoir s’amuser à savoir de combien de grammes on est bourré sans même investir dans un couteux ethylomètre. Plus d’infos sur le pictogramme informatif alcool avec reperes-alcool.com et 2340.fr. Source : CBNews

Trip to London – Day 4

Déjeuner chez Ultimate Burger pour un vrai burger de la mort qui déchire sa race tellement c’est bon. Dans ce cadre à mi chemin entre la fast food et le lieu branché londonien, je réalise soudainement ce qui me frappe depuis 4 jours : la vie londonienne me rappelle constamment mes expériences américaines. Certes nous sommes bien en Europe1 mais ce n’est pas comme l’Italie ou l’Espagne qui n’a rien de fondamentalement différent pour un toulousain. Ici, les restaurants sont une vitrine de la cuisine mondiale (quid de la cuisine anglaise ?), les communautés ne sont pas intégrées (i.e. elles sont bien visibles), le flicage est ultra-présent (des milliers de caméras), les quêtes pour des œuvres caritatives ou missions locales sont partout et pour finir, les infrastructures sont médiocres (train, métro, électricité, téléphone, internet, routes…) Bref, j’ai pas de conclusion incroyable sur le sujet, juste que je m’enflamme souvent sur les US alors qu’il suffit de traverser la Manche pour se mettre en jambe.

  • Insolite du jour : Au Design Museum, le génial studio de créatifs dirigés par Jonathan Barnbrook expose sont travail très militant. Un design engagé plutôt qu’au service du capitalisme, ça fait du bien.
  • Plaisir du jour : Toujours au Design Museum, l’exposition de la géniale architecte Zaha Hadid est un régal pour les yeux. Je connaissais déjà plusieurs de ses travaux mais voir son œuvre regroupée en un seul lieu est complètement hallucinant. Quelques photos de ses créations 2006-2007 pour du mobilier & luminaires ci-dessus.
  • Bilan du jour : Putain de métro de merde, j’ai encore passé 4 heures sous-terre aujourd’hui !

[1] J’ai pas dit Union Européenne…