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Le mardi c’est homophobie

Dimanche, c’était la journée internationale de lutte contre l’homophobie. La mairie de Toulouse a profité de l’occasion pour afficher des 4×3 aux accroches tellement vraies du genre Les lesbiennes, ça me dérange pas tant qu’elles ne le montrent pas et Les gays, ça me dérange pas tant qu’il n’y en a pas dans ma famille. Bien vu.

Pendant ce temps, l’association Contact organise le deuxième printemps de lutte contre l’homophobie dont j’ai beaucoup aimé le visuel. Les créatifs avaient sans doute comme contrainte de trouver une photo avec des homos, certes, mais dans un environnement local. Le résultat m’a bien fait rire. Rien de significatifs pour les lesbiennes. Par contre, pour les gays, l’un des deux tient un ballon de rugby et l’autre arbore une superbe chaine en argent par dessus le t-shirt, le tout sur le joli fond champêtre d’un vignoble. C’est effectivement très sud-ouest !

Otto; Or Up With Dead People

Jey Crisfar as Otto, photo by Bruce LaBruce

Il fallait le savoir (merci Asbel), Toulouse accueille actuellement la deuxième édition du festival du film LGBT Des IMAGES aux MOTS (jusqu’à dimanche, alors dépêchez-vous). Après un gentil Shelter ce mardi lundi au Ramier (carrément sympa la boite de nuit en mode fauteuils et grand écran), je me suis retrouvé au Goethe-Institut pour l’avant-première française toulousaine de Otto; Or Up With Dead People de Bruce LaBruce. Ceux qui connaissent le réalisateur ont déjà tiqué, pour les autres, un petit tour sur la page wikipedia de Bruce LaBruce s’impose avant d’aller plus loin.

Donc, me voilà dans la superbe cave voutée du Goethe-Institut en train de galérer devant un court-métrage allemand qui me rappelle que mes derniers cours de seconde langue remontent à 1992… Par la suite, Otto est heureusement en anglais même si le film a été tourné à Berlin avec des acteurs allemands (exception faite du héros Jey Crisfar qui est belge). A vrai dire, je m’attendais à un délire porno trash, une branlette artistique ou une série B en carton-pâte…  Shame on me, car 95 minutes plus tard, alors que le générique de fin défilait à l’écran, je restais scotché sur mon fauteuil, essayant de me remettre de cette grosse claque.

Le film commence doucement, sur une route de campagne où Otto émerge de son état de zombie et, faute de mieux, fini par manger un lapin écrasé dans une scène gentiment gore. Une voix off nous explique que les zombies ont appris à parler et à vivre parmi les humains, qu’ils sont maintenant doué de raison… bref, encore la faute à Darwin. Arrivé en ville, il couche avec un mec; en fait, il le tue. Il erre dans la ville et rencontre une réalisatrice underground qui le recrute pour tourner son chef d’oeuvre rêvé Up With Dead People, un film politico-porno-zombie.

Le résultat est assez déconcertant et mélange deux films : Otto évidemment, mais aussi Up With Dead People dont on suit le tournage et la projection en parallèle de l’histoire centrale. Bruce LaBruce ne rate pas une occasion de montrer quelques scènes pornographiques et plusieurs passages gentiment trash ne manquent pas de faire sourire. Mais, sous une apparente légèreté, ce film au début déluré s’avère rapidement plus profond qu’il n’y parait. La situation pas banale d’Otto, un zombie gay qui joue dans un film de zombie gay, sert de prétexte à une introspection dans l’histoire du héros. Qui était-il ? Que fait-il dans cette ville ? Où va t’il ? Des questions très humaines au final. Les réponses s’avèrent dramatiques et on y aborde les thèmes de la différence (évidemment), la mort (re-évidemment), la solitude, l’amour, la folie, etc. Tout un programme pour un film — toujours pas sorti en salle — qui brille à tous les festivals où il est présenté depuis plus d’un an. Je vous dirais bien d’aller le voir mais il va donc falloir attendre. Une bonne raison de se bouger au festival Des IMAGES aux MOTS que je remercie pour cette révélation (et merci au Goethe-Institut pour la BitBurger).

Photo: Jey Crisfar as Otto by Bruce LaBruce

More ice next time

Je suis chez moi, je dis ce que je veux… Ouiiiii enfin pas vraiment tu vois, parce que c’est un blog, donc disponible sur internet pour le milliard de connecté(e)s que compte la planète. La police veille. Genre mon employeur pourrait me tomber dessus, me reprochant de le dénigrer – alors que les jours chômés et payés, moi j’aime bien. Je pourrais aussi bien être accusé de faire l’éloge de l’alcool et la drogue. Non mais sérieux Roselyne, la (le ?) Red Bull est légal en France maintenant, non ? Enfin bon, tu vas être contente, je suis en train de passer au Champagne. Bon et puis la Veuve c’est français, ça va bien relancer l’économie avec tout ce que je bois. C’est sûr que monsieur LVMH a bien besoin de ça. J’ai entendu dire que les sacs Fendi se vendent un peu moins bien ces derniers temps, quel scandale !

Et puisqu’on parle des gens riches de notre belle nation (?), le Figaro publiait avant-hier un article sur la famille homoparentale. Au delà de l’article, ce sont les commentaires des lecteurs qui valent le coup, mon préféré étant j’ai voté pour Sarkozy. Quel scélérat ! C’est vraiment scandaleux. Pauvre famille. (…) Réagissons et prions.… J’aimerais pas être modérateur chez Dassault Presse.

J’en oublierais presque l’excuse à 2 balles qui m’a poussé à commencer la rédaction de ce billet… Nous sommes donc le 5 mars 2009 et janeck.net fête ses 7 ans. On dirait pas comme ça (surtout que je n’ai toujours pas achevé la migration d’une bonne centaine de billets depuis mon passage à dotclear). Enfin bref, on s’en fout, on va pas commencer à célébrer les anniv’ des blogs, n’importe quoi. Remarque, si t’es le genre de personne qui a besoin de prétexte, je veux bien aller prendre un verre ce soir. Et j’irai prier dimanche — tient, c’est le moment qu’a choisi mon iPod pour jouer NTM Plus jamais ça, quel coquin.

Source : XIII via Matoo. Image : breakfast (merci anelore)

Tu viens jouer à la poupée ?

Bleu pour les garçons et rose pour les filles, un grand classique que j’aimerais bien voir évoluer. Non pas que je sois fan du vieux rose, mais juste parce que l’idée sous-jacente suggère une transmission de la sexualité par l’environnement, soit le vieil adage « les chiens ne font pas des chats ». Alors quand un grand fabricant de jouets se penche sur le rapport qu’ont les parents avec les jouets de leurs enfants, on se dit qu’on est au XXIe siècle et que les choses ont certainement changées. « Oui » dit le rapport et « les parents nés après la lutte féministe des années 70-80 ont modifié leurs comportements dans l’éducation de leurs enfants » mais « les garçons doivent toujours avoir des attitudes viriles » et « les pères comme les mères ne les laisseraient pas utiliser uniquement des jouets à connotation féminine (dînette, aspirateur, poupées féminines…) ».

Contre toute attente, « ce sont les mères qui sont les plus ambigües sur le sujet… et toutes admettent la crainte de l’homosexualité masculine ». Cerise sur le gâteau, « Le mythe concernant le fait que la déviation sexuelle de leur enfant serait due à leur éducation, perdure. Ils restent persuadés que s’ils ne transmettent pas une certaine virilité ou féminité à leur enfant,celui-ci est à haut risque de devenir homosexuel. Les jouets et les activités sportives ont alors, pour eux, le pouvoir d’agir sur le devenir sexuel de leur progéniture. Il est aussi étonnant de voir que s’ils arrivent à énoncer ces craintes, ils ne le font que pour les garçons mais n’évoquent que très peu l’homosexualité féminine qui semble être un tabou inénarrable bien que présent dans leur mental. »

Parents (et futurs parents), prenez-en de la graine. Et puis si vous résistez, sachez que vous n’arrêterez pas vos enfants aussi facilement. N’oubliez pas que rien n’empêche une petite fille d’utiliser une barbie™ en guise de marteau pas plus qu’à un garçon de s’amuser avec ses playmobil™.

playmobil_fuck.jpg

Source: Rapport de 2004 disponible en PDF via le blog de Chondre. Image par Anroir utilisée sous licence Creative Commons.