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Siestes électroniques 2010

Pas encore remis de l’édition 2010 des siestes électroniques et j’ai encore envie de déclarer mon amour au meilleur festival de musique. Ayant raté toutes les soirées (merde, il y avait Pantha du Prince et Joakim), je suis donc revenu à l’essentiel : les après-midi à la prairie des filtres. J’étais distrait samedi car à peine sorti de l’avion mais dimanche, ahhh dimanche, j’ai enfin vu Chateau Marmont en live, découvert l’excellent duo anglais Mount Kimbie et apprécié le talent de la moitié de Junior Boys. Du soleil, 3 gouttes de pluie, de l’herbe verte et les amis. Formidable.

Siestes electroniques

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Ça tourne au penthouse été 2009

L’été me rappelle que je suis une plante verte sauf que je transpire beaucoup plus au soleil que nos amis les végétaux. Pour cette saison, j’ai donc offert des enceintes extérieures au penthouse et la compilation s’en ressent. Dans l’ordre, profitons de la fraîcheur matinale au son de The Dirty Projectors, Goldfrapp et Larytta — belle surprise suisse des Siestes Électroniques 2009. Pour la pause déjeuner, Laurent Garnier et The Black Lips remixés par Diplo. Sieste l’après-midi avec, Clap Your Hands Say Yeah (Satan !) et Peter Bjorn and John. Apéro et soirée avec Tiga, Yuksek et The Juan MacLean. Ah merde, j’ai encore oublié de dîner. Tu veux un autre mojito ?

Playlist:

  1. The Dirty Projectors Rise Above — Extrait de la compilation Kitsuné Tabloid by Phoenix
  2. Goldfrapp Happiness [Beyond The Wizards Sleeve Re-Animation] — Extrait de la compilation Beyond The Wizards Sleeve Re-Animations Vol.1
  3. Larytta Ya-Ya-Ya — Extrait de l’album Difficult Fun
  4. Laurent Garnier GnanmankouDJi (Horny Monster Mix) — Extrait de l’album Tales Of A Kleptomaniac
  5. Two Door Cinema Club Something Good Can Work — Extrait de la compilation Kitsuné Maison 7
  6. The Black Lips Veni Vidi Vici (Diplo Remix) — Extrait de la compilation Decent Work For Decent Pay, Collected Works Volume One
  7. Clap Your Hands Say Yeah Satan Said Dance — Extrait de l’album Some Loud Thunder
  8. Peter Bjorn and John Let’s Call It Off (JD Twitch’s Optimo Remix) — Extrait du single Let’s Call It Off (The Mixes)
  9. Buraka Som Sistema IC19 (L-Vis 1990 Remix)
  10. Tiga What You Need (Extended Version) — Extrait du maxi What You Need
  11. Yuksek Extrabal (Y A L L Remix) — Extrait du maxi Extraball
  12. The Juan MacLean Happy House — Extrait de l’album The Future Will Come
  13. Phoenix Lisztomania — Extrait du Live on KEXP

Merci à Georges et Marius pour la pochette que c’est vraiment trop la classe même si ça me fait un peu bizarre de me voir dessiné, qui plus est avec les lunettes de Bono. En tout cas, ça ressemble à ma première collab’ genre janeck X Georges et Marius comme on dit dans le milieu. J’adore le concept, donc j’invite les lecteurs artistes à se manifester pour la prochaine saison. En attendant, les abonnés au podcast devraient voir leur iTunes se mettre à jour tout seul. Pour les autres, les instructions sont ici. Enjoy!

La ville en juin

Ma vie trépidante (métro/boulot/apéro) m’occupe beaucoup, ce qui est plutôt normal me direz-vous, vu que c’est ma vie. Je ne suis pas trop ici parce qu’il fait beau et chaud. Enfin c’est l’été quoi. Je ne décroche toujours pas du monde virtuel avec fessebouc et twitteur (toujours pas convaincu). Et puis il y a tous les flux rss que je lis au quotidien, sauf quand je suis dans le trou du cul du monde à la campagne sans réseau, et ça, c’est pas facile en 2009. Mon iPhone l’a très mal vécu alors je lui ai offert une mise à jour pour me faire pardonner. Je peux maintenant écrire les sms à la verticale ce qui me fait ressembler à un ado américain scotchant sur son sidekick, waouh ! Pendant ce temps là, je suis allé au vernissage de J et je ne peux que te le recommander (ouais, on arrête le vouvoiement, c’est lourd) alors dépêche-toi, c’est jusqu’au 11 juillet. J’ai vu l’avant-première espagnole de Objectified avec U. C’était en anglais/allemand/danois/français/japonais/portugais sous-titré anglais, ce qui est toujours mieux que les sous-titres catalans. Bon forcément je suis fan, mais je suis pas vraiment objectif (sic!) quand je vois une machine qui injecte du plastique pour faire des jolies chaises, le tout commenté par Jonathan Ive. Oui je sais, j’ai des drôle de trips. Attends que je publie enfin mon article sur Helvetica et tu comprendras.

Dans un autre registre, j’ai vu Mylène Jeanne Gautier en concert… Je remercie Ju pour l’invitation VIP et pour cette expérience incroyable en backstage …puis jusqu’au bout de la nuit au grand cirque, uh uh uh ! J’ai essayé d’écrire un billet à ce sujet mais j’ai pas (encore ?) réussi. En fait, je parle généralement de ce que j’aime, mais là, j’ai du mal. En tout cas, tu te doutes bien que musicalement, enfin… je veux dire au niveau de la mise en scène… enfin… ouais bon, je vais voir Radiohead à Leeds en août avec A, je serai sans doute plus inspiré. Et puisque je suis très people en ce moment (Eh, t’as vu ? Je suis dans la super liste de Matoo, la classe !), j’ai célébré les 10 ans de BPitch Control (check the picture… where is Charly?) sur un catamaran avec Ellen Allien et ses potes DJs berlinois. On était 200 je crois, c’était une sorte d’after du petit matin jusqu’à 16h, le temps de danser, transpirer, boire, manger… Merci les amis, c’était vraiment génial de nager en pleine mer et ce, malgré le traumatisme des dents de la mer toujours présent — pourtant ce film date de 1975, j’étais même pas né.

Last but not least, la septième édition des Siestes Électroniques vient de se terminer et je cache difficilement ma tristesse maintenant que le plus bel événement de la ville rose est terminé. J’étais beaucoup moins ému en apprenant la mort de MJ en plein concert jeudi dernier, ce qui est une parenthèse pas très heureuse pour t’inviter à lire Le Roi de la Pop est mort, vive la Pop. Bref, j’aime les Siestes parce que c’est simple, c’est là, dans l’herbe, au bord de l’eau, on écoute, on parle, on aime ou pas et en plus on y retrouve les amis, connaissances, amours d’un soir… Je vais t’épargner mon écriture laborieuse et laisser place à Wilfried Paris qui a écrit le texte suivant pour Chronic’art. Ça s’appelle Flâner n’est pas rêver et c’était dans les dernières pages de la brochure des Siestes.

« L’écrivain Cioran disait : “ L’événement le plus important de la deuxième moitié du XXème siècle, c’est le rétrécissement progressif de la taille des trottoirs. ”. Pour suivre le fil de cette pensée, on dira que la réduction de l’espace dévolu à la flânerie a été concomitante à l’industrialisation et au développement de la division du travail. Après tout, l’obsession de Taylor, qui a mis en application l’organisation scientifique du travail au XXème siècle, était bien la “ guerre à la flânerie ”, à l’oisiveté, à ce qui détourne le travailleur de sa tâche. De là l’atomisation générale caractéristique de la modernité économique, qui fonde la foule solitaire, où “ les hommes vivent ensemble, l’un à l’autre étrangers, et l’un près de l’autre voyageurs ” (Walter Benjamin). Si la ville est le lieu privilégié de la flânerie, parce qu’elle efface les traces et abolit les disparités sociales dans l’anonymat, donnant droit à la lenteur sans honte, la curiosité sans attente et la découverte sans a priori, jamais pourtant la difficulté de flâner ne s’était autant faite sentir qu’aujourd’hui. La solitude choisie, l’oisiveté extatique, la paresse tranquille, l’indécision assumée, “ sortir quand rien ne vous y force, et suivre son inspiration comme si le fait seul de tourner à droite ou à gauche constituait déjà un acte essentiellement poétique ” (Edmond Jaloux) n’ont jamais été si empêchés, encadrés et dictés par le corps social tout entier et toujours présent (téléphone portable), la technologie entourante (géolocalisation, vidéo-surveillance), le marché qui rythme le pas du marcheur (iPod).

C’est pourquoi il convient de saluer toute initiative qui vise à rendre au passant le monde extérieur, au spectateur le spectacle gratuit et permanent que constitue ce monde, au flâneur la flânerie. Le principe des Siestes Electroniques semble vouloir ainsi restituer au citadin ce qui devrait lui appartenir en droit : un temps libéré et un espace sans contraintes. Sises en extérieur, en plein air, en journée, dans un cadre naturel, les Siestes, si elles encouragent sans doute l’horizontalité et la somnolence, n’interdisent pas l’extase et la transcendance que la musique permet lorsqu’elle s’est affranchie des limites que l’industrie culturelle tend à lui assigner. Gratuité, absence de murs pour enceindre l’événement, elles relèvent plus de la proposition que de l’invitation, se laissent découvrir à qui fera l’effort de quelques pas, s’offrent sans autre contrepartie qu’un plaisir partagé. En ce sens, elles satisfont à l’exigence du flâneur, lui offrant cette liberté d’être dans le doute et l’irrésolution : ira, ira pas ? Désireuses de lui laisser le choix de son parcours dans la ville, lui offrant les espaces et les temps de latence pour nourrir son indécision, les Siestes Electroniques doivent permettre au contemplatif immobile, dont l’attente semble être l’état véritable, de devenir ce flâneur ivre de découverte, toujours irrésolu (en quête). En proposant un chemin sans direction, en offrant une disponibilité sans obligation, cette manifestation se donne pour généreuse mission d’éduquer sans chercher à convaincre, de divertir sans vouloir distraire (sans chercher à plonger le spectateur dans un rêve qui le réconfortera, dans l’oubli de sa condition). C’est en tout cas telle qu’on l’imagine, qu’on la voudrait.

Qu’est-ce qui permettra au consommateur de musique, passif et somnolent, de devenir poète flâneur, papillon de jour dubitatif ? Ce n’est pas à l’organisateur d’événements d’opérer cette métamorphose, mais bien au spectateur lui-même d’habiter ce dehors ouvert et ce temps libéré, et de renouer, par sa flânerie, avec un temps révolu, celui de l’enfance, qui a son état propre, l’émerveillement. C’est alors que des lointains — des pays, des époques — pourraient peut-être faire irruption dans le paysage et l’instant présent… Ce sera la récompense de celui qui aura préféré la flânerie, au sommeil. »

Peace and tranquility on earth

Les siestes électroniques 2008 – Siestes 01&02

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Les siestes un samedi après-midi, c’est un petit moment de bonheur en bord de Garonne. Après avoir zappé American Tourister sur recommandation du staff (c’est pas bien de dire des trucs comme ça !), A Mountain of One a été à la hauteur de la référence aux Pink Floyd (dixit le programme) à grands coups de sons planant, suivi de Milky Globe & Isan puis The Emperor Machine. C’est beau et tranquille. Une programmation parfaite pour glander dans l’herbe en buvant du rosé bien frais.

Le dimanche apporte un son plus soutenu pour terminer en beauté. Ouverture folk avec Damon & Naomi et de jolies balades pas très électroniques à la guitare. Dapayk & Padberg montent ensuite sur scène. La demoiselle murmure quelques paroles aux micro telle une Miss Kittin endormie sur un bon son minimal, puis le beat finit par exploser, il est l’heure d’aller danser. Cette 7ième édition se termine avec Smith n Hack sur un étonnant son plus proche du cut que du mix. Comme toujours, personne n’a envie que ça s’arrête…

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So So Fancy

Les siestes électroniques 2008 – Soirée 03

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Les So So Modern sont 4 néo-zélandais (mais le batteur est caché sur la photo) bien dans leur époque : imberbe aux cheveux faussement rebelles habillés en jean slim noir – again. Qu’attendre d’un enième groupe électro-rock ? Une excellente prestation qui sonnait plutôt mal au début (la faute aux balances et au niveau sonore exagérément élevé) et puis à force de morceaux enragés, les qualités musicales finissent par sauter aux yeux. Les sons synthétiques poussent bien la guitare, le batteur est brillant, la voix explose tout.

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Que dire de plus sur Fancy ? Le chanteur est évidemment incroyable (mais on jettera quand même un coup d’œil sur le beau bassiste) et il n’est pas sans rappeler le David Bowie travesti des 70’s. Ce n’est pas ma tasse de thé mais ce rock excentrique est tellement agréable à voir que j’ai pris mon pied, comme tout le monde ici. À ne pas rater, surtout le morceau qui parle de la cellulite pask’en fait faut pas écouter les magazines féminins, la cellulite c’est bien !

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Bertrand & bébé Shades

Les siestes électroniques 2008 – Soirée 02

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Sacré Bertrand Burgalat ! Il faut du cran pour assumer un tel look 70’s et un style musical hésitant entre Air et Katerine. Le résultat est là, pas incroyable mais sympathique, drôle et touchant. Il n’en fait pas trop mais est bien présent sur scène et capte rapidement les spectateurs venus en nombre dans la superbe cour de la DRAC. Accompagné de l’excellent groupe toulousain Aquaserge, Bertrand chante et passe du piano à la guitare. Il laisse malheureusement le micro a une chanteuse peu convaincante, entre fausses notes et accent anglais bien frenchy mais sans charme.

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Le ciel se couvre, la nuit tombe et la bière tape. Changement de plateau pour accueillir Les Shades. Le public évolue et les fans de 15 ans se placent aux premiers rangs. De jeunes ados en jean slim et cheveux longs à la mode montent sur scène et entament de gentils morceaux de rocks tendances, genre BB Brunes en moins pop. Il y a du potentiel… mais il y a aussi du boulot pour réussir à trouver sa marque de fabrique, le son qui les fera sortir du lot parmi ces déjà trop nombreux groupes de bébés rockeurs. Peu importe car Les Shades sont contents d’être là et ça fait la différence. Leur énergie est communicative et à peine contrariée par les grosses goutes qui commencent à s’écraser sur la scène. Malheureusement, les multiprises n’ont pas vraiment l’air ISO9000 et le concert s’arrête là pour « raisons de sécurité ». Merci quand même.

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Tenori-on

Les siestes électroniques 2008 – Soirée 01

Avec l’annulation de Atom Heart (Señor Coconut) à la dernière minute, la première soirée des siestes électroniques a tourné court. Il restait Yu Nishibori qui portait sur ses épaules la réussite éventuelle de cette soirée d’inauguration du festival. Sauf que Yu n’est pas musicien, il est ingénieur chez Yamaha Japan. Pas facile donc de séduire le public avec un powerpoint lorsqu’on ne s’appelle pas Steve Jobs. Oui mais l’homme est amusant et son bébé est excitant : l’incroyable Tenori-on conçu avec l’artiste japonais Toshio Iwai. Le tokyoïte a présenté les six années précédant la sortie de l’appareil à grands coups de croquis préliminaires et nombreuses photos des premiers prototypes. Loin des dessins de fin de soirée sur une nappe en papier, il fallait sans doute être un blaireau d’ingénieur comme moi pour bander devant tous ces schémas électroniques et autres plans en 3D qui n’étaient pas sans rappeler mes longues heures (pénibles) de TP soudure et électrocution…

Contrairement à ce que je croyais, le Tenori-on n’est pas un sampler mais bien un instrument de musique d’un nouveau genre (même si son emplacement SD permet de charger des samples – 1 seconde maxi – et sa prise midi le transforme en clavier quelconque). L’objet est petit, beau, épuré mais il laisse perplexe au premier regard car on imagine aisément le mode d’emploi de 400 pages qui va avec. En fait non, et la rapide démonstration surprend car on découvre une dizaine de bases (appui court, appui long, double click, etc.) permettant de rapidement créer de la musique. Séduit par l’objet et par la présentation soooo japanese, je suis rapidement arrivée à l’inévitable conclusion qui suit un tel discours de passionné : je veux un tenori-on.