US Trip #7 – Faut pas déconner

Je suis de retour à Austin depuis hier. Il est actuellement 22h et je surfe tranquillement sur internet grâce à la connexion wifi (payante mais très abordable) du Barnes & Nobles du coin. C’est un vrai régal de naviguer attablé au Starbucks avec une vue imprenable sur des tonnes livres à perte de vue. Et puis ce sandwich turkey-cranberries était délicieux !

Jusqu’à présent, je bénéficiais d’une connexion à l’hôtel mais ma chambre actuelle en est démunie. Il faut dire que le “Extended StayAmerica” dans lequel je suis depuis 24 heures est vraiment minable. Le rapport qualité/prix est certes correcte, mais là, il est hors de question que je reste 3 semaines de plus aux États-Unis dans cette chambre déprimante. Je me demande si mes exigences ne sont pas un peu trop pointues, mais en même temps il faut pas déconner. Je veux bien bosser 12 heures par jour (oui enfin il va pas falloir que ça dure trop longtemps non plus) mais en échange je veux du confort : une chambre qui ressemble à autre chose qu’une cuisine premier prix sur un catalogue Conforama “Spécial Rentrée” et surtout, je veux une connexion haut-débit !

La (pas très sympathique) femme de l’accueil a bien tenté de m’expliquer que je pouvais me connecter via la ligne téléphonique classique… Je lui ai répondu qu’on était en 2004 et que j’avais autre chose à faire que de regarder mon écran télécharger 1 page en 3 minutes. Bref, j’ai fait le nécessaire aujourd’hui et dès demain je serais en centre-ville dans un hôtel qui, je l’espère, sera bien mieux. Quoique je suis sceptique puisqu’il s’agit de la même chaîne d’hôtel… parfois je me demande si je ne prends pas des risques inutiles. Mais je m’en fous, s’il n’est pas bien, je vais au Hilton. Non mais c’est vrai, qu’est-ce que c’est que ce pays où on peut acheter des Tupperware à minuit alors qu’on peut même pas lire ses emails au pieu ?!

US Trip #7 – Un dimanche au Texas

Pour bien commencer un dimanche, il faut un brunch conséquent : pomme de terre, omelette, oeufs (pourquoi les oeufs américains sont ils blancs ? les poules mangent du calcaire ?), bacon, pancakes, muffins, café, jus de fruits (appelons plutôt ça de l’eau colorée avec des arômes et du sucre corn sirup) et salade de fruits. Le tout accompagné de beurre (je devrais plutôt parler de margarine), de sirop d’érables (qui n’a en fait aucun lien avec le sirop canadien puisqu’il s’agit en réalité de sucre caramélisé et aromatisé comme expliqué sur l’étiquette en police taille 2), de confiture (this jam has been prepared with 20g of fruits for 100g of jam… je crois rêver !) et autre cheese cream.

Bref, après un repas qui vous remplie pour la journée, je suis monté dans le 4×4 de ma charmante collègue T en direction du ranch de Mac Dade. Au bout d’une heure de route, nous avons fait escale à Elgin (5700 âmes) dans la boutique-restaurant de ses beaux-parents pour déjeuner. J’espérais ne plus entendre parler de nourriture pendant 24h mais c’était sans compter sur l’adorable propriétaire qui a su me prendre par les sentiments à coup d’une délicieuse soupe tomates-basilic, d’une étonnante – c’est le moins qu’on puisse dire – salade de choux à la crème, aux cranberries et aux chamallows (à vomir sur le papier, à consommer sans modération en vraie) et d’une bouchée addictive à l’Oreo cookie à laquelle j’ai succombée sans hésiter (inutile d’en rajouter, les amateurs d’Oreo m’auront compris). Je suis donc remonté en voiture dans un état proche de l’overdose alimentaire. L’autoroute a cédé sa place à la route départementale puis à la voie communale, jusqu’au chemin de campagne. Un panneau explicite nous a accueilli à l’entrée du ranch. Pas de doute, c’est bien ici.

C’est donc ça un ranch ! À mi-chemin entre déception (mais c’est une maison neuve ?!) et hallucination (mais c’est une baraque énorme !), nous arrivons à la maison de ma chef qui me rappelle explicitement ses positions pro-Bush à l’aide d’un autocollant W’04 accompagné d’un slogan provocateur pour le français que je suis.

Après enquête, il s’avère que l’autocollant en question est sur la vitre arrière du 4×4 du mari de ma chef. Ce dernier a été tellement gêné d’apprendre que j’étais français qu’il est parti s’occuper de ses vaches dès qu’il m’a vu et n’a pas osé m’adresser la parole par la suite (dixit ma chef, sa femme donc).

Une fois de plus, il m’a fallu expliquer que ma voiture européenne est toute petite, ce qui ne l’empêche pas de passer de 0 à 100km/h en 12 secondes… Bon ok, j’ai un peu exagéré, mais ça me saoulait vraiment de les entendre sombrer dans un véritable concours de celui qui a la plus longue. Je leur aurais bien expliqué que “size does not matter“, mais le taux d’alcool vraisemblablement élevé de la bière locale (la Shiner, dont le pourcentage d’alcool ne figure pas sur l’étiquette) ne m’a pas aidé à assumer une argumentation dans la langue de Shakespeare (comme ils disent sur Arte) quoiqu’ici c’est plutôt la langue de W dont il s’agit…

Au passage, vous apprécierez les doubles roues arrières du 4×4 du père (pick-up noir), ainsi que le “petit” 4×4 du fils (pick-up rouge) qui, à 17 ans, a bien besoin de ça pour aller au lycée. Et puis ça ne pollue pas, c’est du diesel… enfin il s’agit de l’explication officielle qui m’a été très sérieusement fourni !

Après une visite de la ferme j’ai rencontré Pico qui a sans doute tourné dans Mars Attack. Je l’ai immédiatement rebaptisé Kiki, mais il n’a pas répondu à son nouveau nom, pas plus qu’à l’ancien en fait. Sans doute un problème avec mon accent…

Pour finir la longue visite, un des 2 fils (celui au pick-up rouge) m’a fait une démonstration avec le quad qu’il a eu pour son 15e anniversaire. Un gros cadeau, comme me l’a fait remarqué sa mère, ma chef donc.

Nous avons fini cette journée diététique par un repas au gras et au sucre avec en guest star un gros gâteau rouge fluo avec des vrais arômes de rien dedans et pourtant délicieux… mais comment font-ils ?